Un angle mort sanitaire qui persiste dans les entreprises françaises
Qualité de l’air au travail
La qualité de l’air intérieur demeure largement sous-estimée dans les environnements professionnels. C’est le principal enseignement du sondage national dévoilé par OberA le 15 décembre 2025, qui met en lumière une méconnaissance profonde des enjeux sanitaires liés à l’air respiré sur le lieu de travail. Alors même que les effets de la pollution intérieure sur la santé et la productivité sont documentés par les spécialistes, les salariés comme les entreprises semblent avancer à l’aveugle.
*Méthodologie : Enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 5 601 personnes résidant en France, âgées de 18 ans et plus. Sondage effectué en ligne en novembre 2025 à partir du panel de répondants BuzzPress (27 700 personnes en France sondées électroniquement par email et sur les réseaux sociaux Facebook et LinkedIn).
Profils des entreprises citées par les répondants pour leur lieu de travail :
- Industrie / production : 16 %
- Services aux particuliers (santé, social, aide à domicile, commerces, restauration…) : 28 %
- Services aux entreprises (conseil, informatique, finance, communication…) : 23 %
- Secteur public / parapublic (administrations, enseignement, hôpitaux…) : 19 %
- Construction / BTP : 7 %
- Transport / logistique : 6 %
- Autre / ne se prononce pas : 1 %
Réponses compilées et pondérées en fonction de quotas préétablis visant à assurer la représentativité de l’échantillon et afin d’obtenir une représentativité de la population visée. Toutes les pondérations s’appuient sur des données administratives et sur les données collectées par l’INSEE
Premier constat frappant : 4 Français sur 5 ignorent comment détecter un air réellement sain au travail. Près de 64 % des salariés interrogés estiment pouvoir juger la qualité de l’air à partir de simples ressentis. En l’absence d’odeur désagréable, de fumée visible ou de plaintes physiques, l’air est spontanément perçu comme acceptable. Seuls 25 % des répondants identifient la mesure objective des polluants comme le véritable indicateur de référence, alors que les experts rappellent qu’un air peut être fortement pollué tout en restant inodore et visuellement propre.
Le sondage révèle ainsi une confusion persistante entre confort perçu et qualité sanitaire réelle. Température et humidité concentrent l’essentiel de l’attention des salariés. Respectivement 91 % et 76 % des répondants citent ces paramètres comme éléments clés de la qualité de l’air intérieur. En revanche, les indicateurs pourtant centraux dans les diagnostics professionnels restent largement ignorés. Seuls 64 % connaissent le dioxyde de carbone comme paramètre de mesure, 38 % les particules fines, et à peine 5 % les composés organiques volatils, pourtant omniprésents dans de nombreux environnements de travail. Près d’un salarié sur dix affirme même ne connaître aucun indicateur de mesure de la qualité de l’air intérieur.
Cette méconnaissance se double d’une confusion sur le rôle réel des équipements techniques présents dans les bâtiments professionnels. Chauffage, climatisation et ventilation mécanique sont fréquemment perçus comme des dispositifs de purification de l’air. Selon l’enquête, 65 % des Français pensent que ces systèmes filtrent ou rendent l’air plus sain. Or, dans la majorité des cas, ces installations se contentent de chauffer ou de refroidir l’air, sans traiter les polluants, sauf lorsqu’elles sont associées à des dispositifs spécifiques de traitement. Seuls 23 % des répondants ont une vision juste de leur fonctionnement, tandis que 12 % reconnaissent ne pas savoir comment ces systèmes agissent réellement sur l’air respiré
Au-delà des perceptions individuelles, le sondage met en évidence un déficit de mobilisation au niveau des entreprises. Pour une majorité d’organisations, la qualité de l’air intérieur reste reléguée derrière d’autres priorités telles que la sécurité physique ou l’ergonomie des postes de travail. Seuls 12 % des salariés estiment que la qualité de l’air constitue une priorité importante dans leur entreprise. À l’inverse, 37 % indiquent que le sujet n’est quasiment jamais abordé, et 27 % déclarent ne pas savoir du tout comment il est pris en charge en interne. Résultat, près de deux salariés sur trois évoluent sans information claire sur l’air qu’ils respirent quotidiennement au travail.
Cette absence de pilotage structuré contraste avec les enjeux sanitaires et organisationnels soulevés par les spécialistes. Un air intérieur dégradé peut favoriser maux de tête, fatigue, troubles respiratoires et baisse de concentration. À terme, ces effets ont un impact direct sur l’absentéisme, la performance collective et l’attractivité des lieux de travail. Le suivi du dioxyde de carbone, des particules fines et des composés organiques volatils constitue pourtant un socle minimal pour prévenir ces risques, protéger les équipes et maintenir un niveau de productivité satisfaisant.
Réalisée auprès de 5 601 personnes représentatives de la population française active, l’enquête couvre l’ensemble des grands secteurs d’activité, de l’industrie aux services, en passant par le secteur public et la logistique. Elle met en évidence un problème structurel, partagé par des environnements professionnels très différents, et souligne l’urgence d’un changement de culture sur la qualité de l’air intérieur.
Créée en 2017, l’entreprise française OberA, à l’origine de ce sondage, se positionne précisément sur ce terrain. Spécialisée dans les solutions de traitement de l’air industriel et du confort thermique, elle intervient dans des environnements de travail exigeants où la qualité de l’air est un facteur clé de santé et de performance. À travers cette enquête, OberA entend alerter les décideurs et encourager une approche plus objective et mesurée de l’air intérieur au travail.
Alors que les questions de santé au travail occupent une place croissante dans le débat public, la qualité de l’air intérieur apparaît comme un enjeu encore largement sous-exploité. Le sondage d’OberA rappelle qu’améliorer l’air que l’on respire au travail ne relève ni du confort accessoire ni de la simple perception, mais d’une démarche structurée, fondée sur la mesure, l’information et l’action.


