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HALO veut faciliter le financement des projets forestiers portés par les communautés locales

À l’occasion de la London Climate Action Week, Everland a réuni au Parlement britannique des responsables politiques ainsi que des spécialistes de la conservation des forêts et de la finance durable. Au cœur des échanges figurait une question essentielle pour l’avenir des écosystèmes forestiers : comment permettre aux peuples autochtones et aux communautés traditionnelles d’accéder aux ressources financières nécessaires pour poursuivre la protection des territoires qu’ils préservent depuis plusieurs générations ?

Accueillie par Lord Zac Goldsmith, la rencontre a notamment permis de présenter HALO Facility, un nouveau dispositif destiné à soutenir les projets de conservation forestière portés par les communautés locales. Son objectif est de répondre à l’un des principaux obstacles rencontrés par ces initiatives : le manque de capitaux disponibles pendant les premières phases de leur développement.

De nombreux projets possèdent en effet un potentiel environnemental important, mais ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour structurer leur gouvernance, réaliser les études préalables, mettre en place des mécanismes de suivi ou répondre aux exigences des investisseurs institutionnels. Sans ce financement initial, ils peuvent difficilement atteindre le niveau de préparation attendu par les grands bailleurs de fonds.

HALO entend combler cette lacune en apportant des financements catalytiques et des solutions de transition aux projets jugés les plus prometteurs. Ces ressources doivent leur permettre de poser les bases indispensables à une conservation durable, de réduire les risques associés à leur mise en œuvre et d’accéder, à terme, à des volumes de capitaux beaucoup plus importants.

Le dispositif pourrait notamment faciliter le financement de projets dans le cadre de l’Indigenous Amazon Outcome Bond, une initiative lancée par Everland en partenariat avec BNP Paribas. Ce mécanisme vise à mobiliser des investisseurs institutionnels au bénéfice de programmes de conservation menés par les peuples autochtones en Amazonie.

Au-delà de la protection immédiate des forêts, Everland souhaite contribuer à la création d’un patrimoine durable au profit des communautés concernées. L’ambition affichée consiste à leur donner les moyens de générer des ressources sur plusieurs générations, tout en assurant la conservation de millions d’hectares de forêts tropicales menacées.

Puyr Tembé, dirigeante autochtone du peuple Tembé et ancienne secrétaire aux affaires autochtones de l’État du Pará, a rappelé que les populations locales ne manquaient ni de connaissances, ni de compétences pour protéger leurs territoires. Selon elle, le principal déséquilibre réside dans l’accès aux financements, souvent plus facile pour les acteurs tirant profit de la destruction des forêts que pour ceux qui consacrent leur vie à les préserver.

Elle a ainsi défendu le principe d’un financement direct des peuples autochtones et des communautés traditionnelles, en limitant les barrières administratives ou financières qui empêchent encore les ressources d’atteindre les personnes engagées sur le terrain.

Lord Zac Goldsmith a, pour sa part, estimé que HALO pourrait jouer un rôle majeur dans l’atteinte des objectifs fixés par la Déclaration des dirigeants de Glasgow sur les forêts et l’utilisation des terres. Il a souligné que le soutien aux initiatives conduites par les peuples autochtones et les communautés locales constituait l’un des moyens les plus efficaces et les plus équitables de protéger la nature à grande échelle.

Président de HALO, Carlos Manuel Rodriguez considère également que le dispositif répond à une faiblesse structurelle du financement de la conservation. Jusqu’à présent, les communautés devaient souvent supporter seules les risques et les coûts liés au développement de leurs projets, parfois pendant plusieurs années, avant de pouvoir prétendre à un financement institutionnel.

Gerald Prolman, président exécutif d’Everland, a confirmé que HALO avait été conçu pour financer cette étape décisive. Les capitaux apportés doivent permettre aux communautés de renforcer leurs projets, d’améliorer leur crédibilité auprès des investisseurs et de mobiliser ensuite les sommes nécessaires à leur déploiement complet, jusqu’à la vérification des résultats et à la protection des forêts sur le long terme.

À travers ce nouveau mécanisme, Everland cherche ainsi à rapprocher deux univers encore trop souvent séparés : les communautés qui protègent concrètement les forêts et les investisseurs capables de financer leur préservation à grande échelle.

Elliot

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