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La LPO renforce son action pour protéger les oiseaux menacés d’Outre-mer

La Ligue pour la protection des oiseaux élargit son réseau ultramarin et lance un nouveau programme européen destiné à protéger quinze espèces parmi les plus menacées. Baptisé LIFE OVERSEAS, ce projet, coordonné par la LPO jusqu’en 2031, couvrira quatre territoires particulièrement exposés à l’érosion de la biodiversité : la Guyane, La Réunion, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie.

Le programme a été officiellement lancé le 30 juin 2026 au siège de la LPO, à Rochefort, en présence de son président, Allain Bougrain Dubourg, et de plusieurs associations partenaires d’Outre-mer. Quatre conventions ont été renouvelées avec la SEOR à La Réunion, le GEPOMAY à Mayotte, le GEPOG en Guyane et AMAZONA en Guadeloupe. Deux nouvelles structures rejoignent par ailleurs le réseau : la Société d’Ornithologie de Polynésie « Manu » et Bird Conservation New Caledonia. Cette extension marque l’arrivée officielle de la LPO dans le Pacifique, région où se concentrent certains des enjeux de conservation les plus importants pour l’avifaune française.

Les territoires ultramarins accueillent près de 82 % des espèces d’oiseaux françaises et 83 % des espèces endémiques nationales, c’est-à-dire des espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Cette richesse exceptionnelle s’accompagne toutefois d’une forte vulnérabilité. Selon les données présentées par la LPO, entre 50 et 70 % des espèces d’oiseaux vivant en Outre-mer seraient aujourd’hui menacées ou en danger d’extinction.

Ces territoires abritent également 117 espèces d’oiseaux marins nicheurs. Dans les Terres australes françaises, plus de 50 millions d’oiseaux marins se reproduisent, constituant l’une des concentrations les plus importantes au monde. Mais ces populations sont soumises à des pressions multiples : destruction ou dégradation des habitats, disparition des zones humides, pollutions plastiques et lumineuses, hydrocarbures, dérangements liés aux activités humaines, changement climatique et prolifération d’espèces exotiques envahissantes.

Le programme LIFE OVERSEAS doit permettre de renforcer les actions déjà engagées localement et d’en développer de nouvelles. Il prévoit notamment la restauration de sites de reproduction pour les oiseaux marins, la lutte contre les prédateurs et les plantes invasives, la remise en état de zones humides essentielles aux limicoles migrateurs ainsi que la réduction des risques liés aux infrastructures humaines.

À La Réunion, une attention particulière sera portée aux effets de la pollution lumineuse sur les pétrels. Attirés et désorientés par les éclairages artificiels, de nombreux jeunes oiseaux peuvent s’échouer avant d’avoir atteint l’océan. Le projet doit également agir sur les collisions avec les lignes électriques, autre facteur de mortalité pour certaines espèces.

En Guyane, les actions concerneront notamment la Mouette atricille, la Sterne royale, la Sterne de Cayenne, le Bécasseau semipalmé, le Bécasseau maubèche et le Petit chevalier. À La Réunion, le programme ciblera le Pétrel de Barau, le Pétrel noir de Bourbon, le Puffin du Pacifique et le Busard de Maillard.

Dans le Pacifique, la situation est tout aussi préoccupante. La Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et l’atoll de Clipperton concentrent près de 90 % des oiseaux endémiques français. Une soixantaine d’espèces présentes en Polynésie française ne vivent nulle part ailleurs. Certaines populations sont désormais réduites à quelques centaines d’individus, comme le Monarque des Marquises ou plusieurs espèces de pétrels.

En Polynésie française, LIFE OVERSEAS protégera notamment le Monarque des Marquises, la Gallicolombe des Marquises, le Pétrel à poitrine blanche et l’Océanite à gorge blanche. En Nouvelle-Calédonie, le programme se concentrera sur le Pétrel de Gould.

L’atoll de Clipperton représente également un site majeur. Près de 35 000 couples de Fous masqués s’y reproduisent, ce qui en ferait le plus important site mondial connu pour cette espèce. Une mission scientifique menée par la LPO à la fin de l’année 2025 doit servir de base à la préparation d’un vaste programme de restauration écologique.

Au-delà des interventions sur le terrain, LIFE OVERSEAS vise à structurer durablement la coopération entre les associations locales, les scientifiques, les collectivités et les acteurs institutionnels. L’objectif est de mutualiser les connaissances, de renforcer les moyens disponibles et d’adapter les solutions aux réalités propres à chaque territoire.

Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, la protection des oiseaux ultramarins impose une mobilisation collective à la hauteur des enjeux. « Les Outre-mer sont des joyaux de la biodiversité française. Cette richesse exceptionnelle nous oblige. Face à l’accélération des menaces, aucune organisation ne peut agir seule », souligne-t-il.

Avec ce programme européen prévu sur cinq ans, la LPO entend ainsi inscrire la protection de l’avifaune ultramarine dans une stratégie de long terme. La réussite du projet reposera sur la capacité des acteurs à restaurer les habitats, limiter les pressions humaines et prévenir la disparition d’espèces rares dont certaines constituent une part irremplaçable du patrimoine naturel mondial.

olivier Kauf

Consultant depuis plus de 30 ans, Je suis depuis une dizaine d'années journaliste, professionnel dans le domaine des risques et des assurances pour le e-mag RiskAssur-hebdo (https://www.riskassur-hebdo.com) et témoin de mon époque pour https://notre-siecle.com et https://perelafouine.com.sans oublier notre planète https://terre-futur.com

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