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Produire dans un climat moins prévisible

L’agriculture est l’un des secteurs les plus exposés au changement climatique. Elle dépend directement des températures, des précipitations, des sols, de l’eau disponible et de la fréquence des événements extrêmes. Or ces paramètres deviennent plus instables. Sécheresses, gel tardif, canicules, grêle, maladies, stress hydrique et incendies modifient les conditions de production.

Le GIEC rappelle que le changement climatique a déjà des impacts étendus sur les écosystèmes, les ressources et les sociétés humaines. L’agriculture se trouve au croisement de ces vulnérabilités : elle doit nourrir la population, préserver les sols, réduire ses émissions et s’adapter à un climat qui change.

La question de l’eau est centrale. Dans certaines régions, les cultures irriguées deviennent plus difficiles à maintenir sans arbitrage. Les retenues d’eau, la réutilisation des eaux usées traitées, l’amélioration des systèmes d’irrigation et la modification des assolements font partie des réponses possibles. Mais chaque solution a ses limites, ses coûts et ses controverses.

L’adaptation agricole passera aussi par les sols. Un sol vivant, riche en matière organique, retient mieux l’eau et résiste mieux aux aléas. Les haies, les couverts végétaux, l’agroforesterie, la réduction du travail du sol et la diversification des cultures peuvent améliorer la résilience. Ces pratiques demandent toutefois du temps, de la formation et parfois une prise de risque économique.

Le choix des cultures devra évoluer. Certaines espèces deviendront moins adaptées à des zones où elles étaient historiquement installées. D’autres cultures, plus résistantes à la sécheresse ou à la chaleur, pourront se développer. Mais cette transition ne dépend pas uniquement du climat : elle dépend aussi des filières, des débouchés, des habitudes alimentaires, des prix et des investissements.

L’élevage est également concerné. Les vagues de chaleur affectent le bien-être animal, la production laitière, les besoins en eau et la disponibilité du fourrage. Les prairies peuvent souffrir des sécheresses répétées. Les exploitations doivent donc penser l’ombre, l’eau, les bâtiments, les stocks fourragers et la diversification.

L’assurance agricole devient un outil important, mais elle ne remplace pas la prévention. Si les sinistres deviennent trop fréquents, l’indemnisation seule ne suffira pas à maintenir les exploitations. La résilience dépendra de la capacité à réduire l’exposition.

Et demain ? L’agriculture française devra probablement produire autrement plutôt que simplement produire plus. Le défi sera d’associer sécurité alimentaire, adaptation climatique, revenu des agriculteurs et protection des ressources. La transition ne se fera ni par slogans ni par nostalgie, mais par une transformation progressive des pratiques, des filières et des politiques publiques.

olivier Kauf

Consultant depuis plus de 30 ans, Je suis depuis une dizaine d'années journaliste, professionnel dans le domaine des risques et des assurances pour le e-mag RiskAssur-hebdo (https://www.riskassur-hebdo.com) et témoin de mon époque pour https://notre-siecle.com et https://perelafouine.com.sans oublier notre planète https://terre-futur.com

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