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Aquacollect veut généraliser les récupérateurs d’eau de pluie dans les collectivités

Alors que les périodes de sécheresse et les épisodes de fortes précipitations mettent les réseaux sous tension, les collectivités cherchent des solutions concrètes pour mieux gérer l’eau à l’échelle locale. Fondée à la fin de l’année 2023, Aquacollect développe un dispositif destiné à faciliter l’équipement des particuliers en récupérateurs d’eau de pluie.

L’entreprise affirme avoir déjà accompagné quatre collectivités et permis l’installation de ces équipements auprès de plus de 1 000 foyers. Elle souhaite désormais accélérer son développement sur l’ensemble du territoire national, avec un objectif annoncé de 50 000 foyers équipés d’ici 2028.

Une organisation entièrement prise en charge

Le modèle repose sur des opérations d’achat groupé organisées avec des communes, des intercommunalités ou des métropoles. Les habitants peuvent ainsi acquérir des récupérateurs d’eau de pluie à des conditions tarifaires négociées, auxquelles peuvent éventuellement s’ajouter des aides accordées par la collectivité.

Aquacollect prend en charge la structuration de l’opération, la gestion des commandes, la communication auprès de la population, l’organisation des livraisons et l’intégration des mécanismes de subvention. La collectivité conserve la responsabilité du calendrier, des modalités locales et de la validation du dispositif, sans avoir à assurer directement l’ensemble de sa gestion administrative et logistique.

Cette organisation vise notamment à répondre aux contraintes rencontrées par les directions générales des services et les directions des services techniques. Même lorsqu’un projet bénéficie d’un soutien politique, son déploiement peut être ralenti par le manque de personnel, la complexité des inscriptions ou la coordination de la distribution.

Près de 400 foyers équipés en Moselle-et-Madon

L’une des principales opérations a été menée avec la communauté de communes de Moselle-et-Madon. Dans le cadre d’un marché public d’un montant de 100 000 euros, deux campagnes successives ont permis d’équiper près de 400 foyers en six mois.

Selon les informations présentées par l’entreprise, l’opération a suscité une forte mobilisation des habitants et n’a pas nécessité la mise en place d’une organisation complexe pour les services locaux. La collectivité envisage désormais de renouveler le dispositif.

La majorité des territoires déjà accompagnés aurait également choisi de reconduire ces opérations. Quatre nouveaux contrats ont par ailleurs été signés pour des déploiements annoncés entre la fin de l’année 2025 et le début de 2026. Une dizaine d’autres collectivités seraient en discussion avec Aquacollect.

Un modèle testé dans des territoires différents

Le dispositif n’est pas seulement destiné aux communes rurales ou aux secteurs pavillonnaires peu denses. Une expérimentation a notamment été menée à Colomars, commune membre de la Métropole Nice Côte d’Azur.

Dans cet environnement plus urbanisé, l’opération aurait permis d’équiper environ 7 % des foyers de la commune. Ce résultat est présenté comme un indicateur de la capacité du modèle à fonctionner dans des territoires aux configurations variées, qu’ils soient ruraux, périurbains ou métropolitains.

Une nouvelle opération est également en cours au sein de la communauté de communes Drôme Sud Provence, avec l’objectif d’équiper environ 400 foyers. Des échanges sont engagés avec la Métropole Aix-Marseille-Provence, tandis que plusieurs projets seraient en cours de contractualisation en Nouvelle-Aquitaine et en Île-de-France.

Réserver l’eau potable aux usages essentiels

La récupération de l’eau de pluie permet de disposer d’une ressource complémentaire pour certains usages extérieurs, notamment l’arrosage des jardins, des potagers ou des espaces végétalisés. Elle peut réduire le recours à l’eau potable pour des activités qui ne nécessitent pas une eau destinée à la consommation humaine.

Ces équipements peuvent également contribuer à retenir temporairement une partie des précipitations à l’échelle d’une habitation. Lorsqu’elle est stockée dans une cuve plutôt que rejetée immédiatement dans les réseaux, l’eau de toiture peut participer à la réduction du ruissellement et à une gestion plus décentralisée des eaux pluviales.

L’intérêt dépend toutefois de plusieurs paramètres, dont la surface de toiture, la capacité du récupérateur, la fréquence des précipitations et les besoins réels du foyer. Les résultats obtenus peuvent donc varier selon les caractéristiques des logements et les conditions climatiques locales.

Passer de la sensibilisation à l’équipement

Pour les collectivités, ces opérations présentent l’avantage d’être facilement identifiables par les habitants. Contrairement à une campagne générale de sensibilisation, la distribution de récupérateurs se traduit par un équipement visible et par un nombre précis de foyers participants.

La centralisation des inscriptions permet également de mieux mesurer la demande locale. La collectivité peut adapter le volume des commandes, définir le niveau de soutien financier et suivre le déploiement de l’opération.

Cette approche peut compléter d’autres politiques de gestion de l’eau, comme le déraccordement des descentes de toiture, la gestion des eaux pluviales à la parcelle ou la désimperméabilisation des sols. Elle ne remplace cependant pas les travaux nécessaires sur les réseaux, les bâtiments publics ou l’aménagement urbain.

En visant 50 000 foyers équipés d’ici 2028, Aquacollect entend désormais faire de l’achat groupé un outil courant des politiques locales de sobriété hydrique. Son développement dépendra notamment de la capacité des collectivités à financer ou soutenir ces opérations, mais aussi de l’adhésion des habitants et de l’adaptation des équipements aux réalités de chaque territoire.

Elliot

Actualité en générale, d'entreprise, de société, d'écologie Article corrigé grâce à l'IA

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