École Hexagone : une journée pour interroger l’IA à l’aune du climat, du droit et des transformations sociales
Le 10 avril 2026, l’École Hexagone organisera à Courbevoie une journée de conférences consacrée à un sujet désormais central pour les entreprises, les institutions et le monde de la formation : l’impact de l’intelligence artificielle sur les transitions écologiques et sociétales. À travers cet événement, l’école entend ouvrir un espace de réflexion sur les usages de l’IA, mais aussi sur les conditions dans lesquelles son déploiement peut être considéré comme responsable, durable et compatible avec les grands équilibres sociaux et environnementaux.
La montée en puissance de l’intelligence artificielle, dans tous les secteurs de l’économie, nourrit en effet des attentes considérables. Outil d’optimisation, de modélisation, d’automatisation ou d’aide à la décision, elle apparaît pour beaucoup comme un accélérateur potentiel de transformation. Mais cette promesse s’accompagne de nombreuses interrogations. La performance technologique ne suffit plus à elle seule à légitimer les usages. Les questions énergétiques, climatiques, réglementaires, éthiques et humaines s’imposent désormais dans le débat.
C’est précisément cette tension entre opportunités et responsabilités que l’École Hexagone souhaite explorer lors de cette conférence intitulée L’impact de l’IA sur les transitions écologiques et sociétales. Prévue de 9 h 30 à 18 h 00 à la Tour Canopy, à Courbevoie, cette journée rassemblera des experts issus de la recherche, des institutions publiques, du conseil et des ressources humaines afin d’apporter des éclairages concrets aux organisations confrontées à ces nouveaux arbitrages.
Pour Xavier Auzanneau, directeur général de l’École Hexagone, l’IA ne peut plus être pensée uniquement comme un levier de compétitivité ou de modernisation des entreprises. Son développement doit être appréhendé dans une perspective plus large, qui tienne compte des conséquences environnementales, sociétales et éthiques qu’elle soulève. Cette approche traduit une évolution du regard porté sur la technologie : l’enjeu n’est plus seulement de déployer des outils puissants, mais de déterminer dans quel cadre, pour quels usages et avec quels effets collectifs.
La matinée mettra l’accent sur les dimensions environnementales et réglementaires. Le programme entend notamment examiner la manière dont l’intelligence artificielle peut contribuer à la compréhension des phénomènes climatiques, à la modélisation et à l’aide à la décision. Cet axe réunit plusieurs intervenants aux profils complémentaires.
La climatologue Dr Mounia Mostefaoui interviendra sur les enjeux liés à la modélisation climatique. À ses côtés, Hervé Le Treut, climatologue, membre de l’Académie des sciences et co-lauréat du prix Nobel de la paix 2007 au titre du GIEC, apportera une perspective scientifique de haut niveau sur l’articulation entre connaissances climatiques et outils d’analyse. Dr Peter Hochet, directeur général Afrique d’Insuco, participera également à cette réflexion, tout comme Éric Delisle, représentant de la CNIL, en charge des questions liées aux collectivités, à l’environnement et aux politiques publiques.
Cette séquence illustre un point fondamental : l’IA appliquée au climat ne se résume pas à une promesse abstraite d’innovation. Elle renvoie à des réalités opérationnelles bien identifiées. L’essor de ces technologies soulève des questions de consommation énergétique, de biais algorithmiques, de gouvernance de la donnée et de conformité réglementaire. L’idée n’est donc pas d’opposer l’IA à la transition écologique, ni au contraire de la présenter comme une solution miracle, mais de mesurer avec précision ce qu’elle peut apporter et ce qu’elle exige.
La seconde partie de la journée abordera plus directement la régulation, la protection des données et les conséquences sociétales de l’IA dans les organisations. La question du RGPD occupera à cet égard une place importante dans les échanges. Le règlement général sur la protection des données impose déjà des obligations précises en matière de collecte, de traitement et de conservation des données personnelles. Or, avec le développement rapide de l’intelligence artificielle, et en particulier des modèles génératifs, la mise en conformité devient plus complexe.
Les intervenants réunis sur ce volet montreront comment les organisations peuvent tenter de concilier innovation et respect des cadres existants. Aurélien Fenard, directeur de la transformation digitale et des données RH à France Travail, apportera un retour d’expérience sur les usages de la donnée et les enjeux de transformation. Élodie Waterkeyn, directrice Processus et Développement RH de l’Agence LUCIE, participera à cette mise en perspective. Pierre Monclos, conférencier et auteur sur les RH, l’IA et la transition écologique, ainsi que Thierry Cuirot, fondateur de Classe Digitale, compléteront ces échanges.
À travers ces interventions, l’événement mettra aussi en évidence la façon dont l’intelligence artificielle transforme les métiers, les compétences et les pratiques de management. L’IA n’est pas seulement une affaire d’ingénieurs ou de développeurs. Elle modifie les besoins des entreprises, recompose certaines fonctions, en particulier dans les ressources humaines, et oblige les organisations à repenser la formation de leurs collaborateurs comme leurs critères de responsabilité.
Cette problématique de la formation occupe d’ailleurs une place centrale dans l’identité même de l’École Hexagone. Adossée au groupe ACENSI, l’école se positionne sur des domaines techniques particulièrement recherchés, tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le low code, le no code, ainsi que l’architecture et le développement logiciel. Elle a structuré un cursus dédié à l’ingénierie de l’IA afin de répondre à la demande croissante des entreprises pour ces compétences.
Mais l’établissement entend manifestement se distinguer par une approche qui ne sépare pas l’excellence technique des enjeux de société. Son positionnement repose sur l’idée qu’il faut former non seulement des spécialistes capables de maîtriser les outils technologiques de demain, mais aussi des professionnels aptes à mesurer leurs impacts sur l’environnement, les organisations et la cohésion sociale. Cette orientation apparaît en cohérence avec la vocation affichée de l’école, qui associe expertise technique et engagement sociétal.
L’établissement met d’ailleurs en avant plusieurs marqueurs de reconnaissance. Ses programmes s’appuient sur des titres enregistrés au RNCP, aux niveaux 6 et 7. Son programme de cyberdéfense bénéficie du label SecNumedu délivré par l’ANSSI. Enfin, sa pédagogie prévoit l’alternance dès la troisième année, avec l’objectif de favoriser une insertion professionnelle rapide et solide.
Au-delà du seul contenu de la conférence, cette journée du 10 avril prend donc la forme d’un signal plus large. Elle traduit la volonté de faire dialoguer trois mondes qui, trop souvent, avancent en parallèle : les experts de la technologie, les acteurs de la régulation et les responsables de la formation. Or c’est précisément de cette mise en relation que dépendra, en grande partie, la capacité des organisations à adopter des usages de l’IA qui soient à la fois efficaces, conformes et acceptables sur le plan social.
L’événement organisé à Courbevoie entend ainsi proposer un cadre de compréhension plutôt qu’un simple discours d’enthousiasme technologique. Il s’agit de remettre l’intelligence artificielle dans une chaîne de responsabilités. Comment utiliser l’IA pour aider à comprendre le climat sans ignorer son propre coût environnemental ? Comment tirer parti de l’automatisation sans fragiliser les équilibres humains dans l’entreprise ? Comment innover en restant dans le cadre du droit ? Et comment former, dès aujourd’hui, des profils capables d’apporter des réponses opérationnelles à ces questions ?
En posant ces thèmes au cœur de sa programmation, l’École Hexagone cherche manifestement à se situer à l’intersection de plusieurs attentes contemporaines : accélérer la montée en compétences sur l’IA, accompagner les transformations des entreprises et inscrire les innovations numériques dans une réflexion plus exigeante sur leur utilité collective.
Informations pratiques
La conférence intitulée L’impact de l’IA sur les transitions écologiques et sociétales se tiendra le 10 avril 2026, de 9 h 30 à 18 h 00, à la Tour Canopy, 6 rue du Général Audran, à Courbevoie. L’événement est organisé par l’École Hexagone, adossée au groupe ACENSI. Les inscriptions sont ouvertes en ligne sur le site de l’école.


