Bouger autrement : les nouvelles stratégies de déménagement des Français
Dans un contexte où le logement devient un luxe, la mobilité résidentielle, pourtant essentielle à la dynamique sociale et professionnelle, semble freinée par des obstacles économiques majeurs. L’étude conjointe menée par Nextories et Ipsos en mars 2025, croisant les intentions des Français avec plus de 150 000 projets de déménagement traités entre 2022 et 2024, offre un éclairage précieux sur cette mutation silencieuse mais profonde du paysage résidentiel. Elle révèle comment les Français adaptent leurs pratiques pour rester mobiles dans un environnement de plus en plus contraint.
Sondage Ipsos.Digital pour Nextories
Méthodologie : Réalisée entre le 21 et le 24 mars 2025 par Ipsos Digital, l’étude repose sur un échantillon représentatif de 1.000 Français âgés de 18 à 75 ans, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, région, statut d’activité). Cette méthodologie garantit la fiabilité des données, tout en permettant une lecture fine par profils sociodémographiques. Les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d’incertitude : 0,4 à 1,8 points au plus pour un échantillon de 1.000 répondants. Ipsos a réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252. Analyse croisée avec les données internes de Nextories sur plus de 150.000 projets de déménagement pris en charge entre 2022 et 2024.
Une mobilité résidentiale freinée par la conjoncture économique
Selon l’étude Ipsos pour Nextories, 41 % des Français ont envisagé un déménagement au cours des 12 derniers mois. Pourtant, près de la moitié d’entre eux ont dû renoncer ou reporter leur projet, faute de moyens ou à cause de conditions économiques défavorables. Ce renoncement est plus marqué chez les jeunes (18-34 ans), les catégories populaires et dans des régions sous pression immobilière comme l’Île-de-France ou le Sud.
Parmi les principaux freins identifiés :
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Des prix immobiliers inaccessibles pour 52 % des sondés,
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Une inflation générale qui pèse sur le budget global pour 51 %,
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Un coût du déménagement jugé trop élevé (32 %),
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Sans oublier la difficulté d’accès au crédit (25 %) et la raréfaction de l’offre locative (28 %).
Les arbitrages sont donc davantage économiques que pratiques ou personnels : on ne déménage plus parce qu’on le souhaite, mais seulement si cela reste possible.
Un désir de changement toujours présent, mais conditionné
Malgré cette situation tendue, 32 % des Français déclarent vouloir déménager dans l’année à venir. Ce désir est porté principalement par des raisons personnelles (53 %), des changements professionnels (28 %), ou la recherche d’un environnement de vie plus sain (27 %), notamment face à des problèmes d’insécurité ou de pollution.
Mais cette intention reste fragile : plus d’un quart des répondants conditionnent leur projet à une baisse des prix immobiliers ou à une amélioration des taux d’emprunt. L’attentisme devient alors la norme : déménager, oui, mais pas à n’importe quel prix.
Le terrain confirme une recomposition silencieuse du territoire
Les données concrètes de Nextories confirment cette prudence et révèlent un redéploiement géographique des flux migratoires :
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Forte baisse des déménagements vers les grandes métropoles : Paris (-31 %), Bordeaux (-23 %), Lyon (-8 %).
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Explosion des projets vers des territoires longtemps délaissés : Ardennes (+116 %), Vosges (+102 %), Jura (+98 %), Territoire de Belfort (+92 %).
Cette redistribution des flux traduit une recherche d’espaces plus accessibles financièrement, mais aussi plus vivables, en termes de qualité de vie, de nature et de calme.
De plus, la distance moyenne d’un déménagement a augmenté (305,23 km en 2024, +5 %), tandis que le volume et la surface transportés baissent respectivement de 3,32 % et 3,85 %. Cette tendance révèle une volonté d’alléger, de se recentrer, de rationaliser son déménagement dans une logique d’optimisation.
Vers une nouvelle culture du déménagement : plus économique, plus raisonnée
Dans ce nouveau paysage, les pratiques évoluent :
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Les formules économiques “transport seul” progressent de 12,6 %, permettant de réduire la facture en participant soi-même à l’emballage ou au démontage.
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Le déménagement groupé, solution écologique et économique, explose avec une progression de 68 % depuis 2022.
Ces nouvelles formes de mobilité résidentielle combinent autonomie, sobriété et stratégie budgétaire. En utilisant la plateforme Nextories, les utilisateurs parviennent à économiser en moyenne 500 euros sur leur déménagement, en comparant les devis et en choisissant les options les plus optimisées.
Le déménagement comme révélateur d’une France en transition
Comme le souligne Julien Bardet, CEO de Nextories, le déménagement est devenu bien plus qu’un acte logistique. C’est un reflet des inégalités économiques, des tensions territoriales et des aspirations à une vie meilleure. Si la mobilité recule dans sa forme traditionnelle, elle persiste sous d’autres modalités : moins urbaine, plus réfléchie, et mieux adaptée à une époque marquée par la contrainte économique.
Les Français n’ont pas renoncé à bouger. Ils bougent autrement. À la recherche d’un souffle nouveau, dans un pays où le changement d’adresse est aussi un changement de cap.
A propos de Nextories
Lancée en 2011 par Julien Bardet et Ludovic Auberger, Nextories (anciennement sous le nom i-Demenager) est la première plateforme française de réservation de déménageurs professionnels. Sa mission est d’accompagner particuliers et salariés tout au long de l’organisation de leur déménagement. De l’évaluation du besoin par visioconférence à la sélection des meilleures offres au sein de son réseau national de déménageurs certifiés, l’ambition de Nextories est de simplifier le déménagement et de proposer le meilleur rapport qualité-prix. D’un événement appréhendé voire redouté, le déménagement devient avec Nextories le symbole d’un nouveau départ, le début de belles histoires…



