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Air intérieur au travail en hiver, un angle mort sanitaire

Respirer un air sain sur son lieu de travail reste un défi largement sous estimé en France durant la période hivernale. C’est l’un des constats majeurs du sondage national publié le 20 janvier 2026 par OberA, réalisé auprès de 4 102 personnes. Cette enquête met en évidence un décalage persistant entre la recherche de confort thermique et la qualité réelle de l’air intérieur, ainsi qu’une attente forte vis à vis des employeurs pour améliorer les pratiques.

Premier enseignement, la température idéale divise. Si les recommandations de l’INRS situent le confort thermique entre 21 et 23 degrés, seuls 41 % des répondants privilégient cette fourchette. Une part significative des salariés préfère des températures plus basses, autour de 19 ou 20 degrés, tandis que d’autres optent pour des ambiances plus chaudes. Ce désaccord révèle à quel point la perception du bien être au travail reste subjective et souvent déconnectée des enjeux sanitaires liés à la qualité de l’air.

À choisir, près d’un Français sur deux privilégie d’ailleurs la chaleur, même au détriment du renouvellement de l’air. 48 % préfèrent avoir bien chaud plutôt qu’un air régulièrement renouvelé, contre 41 % qui acceptent une atmosphère plus fraîche pour bénéficier d’un air plus sain. Ce résultat confirme que l’aération hivernale demeure un geste contraignant, perçu comme inconfortable, malgré les recommandations de santé publique.

L’humidité constitue un autre point de vigilance. Si 90 % des personnes interrogées se disent préoccupées par le taux d’humidité de l’air sur leur lieu de travail, seules 8 % indiquent qu’il est réellement mesuré. Pour une large majorité, l’humidité n’est soit pas suivie, soit mal connue, alors même que les recommandations situent le taux optimal entre 40 et 60 %. Cette méconnaissance illustre une gestion encore très empirique de la qualité de l’air intérieur.

La question des microbes en hiver révèle également une forte hésitation sur les bons réflexes. Seuls 31 % des répondants estiment que la combinaison d’aérations courtes et régulières avec l’utilisation d’un purificateur d’air constitue la meilleure stratégie. Les autres se répartissent entre une action isolée, comme ouvrir la fenêtre malgré le froid ou utiliser uniquement un purificateur, et une part non négligeable d’inaction ou d’incertitude.

Dans les faits, l’aération reste insuffisante. Seuls 22 % déclarent ouvrir les fenêtres au moins une fois par jour en hiver, tandis que plus de la moitié le font rarement ou jamais. Près d’un quart des salariés ne savent même pas si les fenêtres sont ouvertes ou déclarent ne pas en disposer. Sans surprise, 78 % des Français disent ressentir un air confiné sur leur lieu de travail, souvent ou parfois.

La gestion des situations de maladie illustre enfin les limites des pratiques actuelles. 43 % des salariés déclarent venir travailler malgré des symptômes de toux ou de rhume, contre seulement 25 % qui restent à domicile. Face à un collègue malade, les gestes privilégiés restent l’hygiène des mains et la distanciation, tandis que l’aération renforcée et le port du masque sont nettement moins adoptés. Plus préoccupant encore, plus d’un tiers des répondants reconnaît ne rien changer à ses habitudes.

Dans ce contexte, l’attente envers les entreprises et les lieux publics est très forte. 83 % des Français estiment qu’il faut faire davantage pour garantir une qualité d’air exemplaire, dont plus de la moitié considérant que tout reste à faire. Comme le souligne Thibaut Samsel, fondateur d’OberA, privilégier la chaleur au détriment d’un air sain constitue un réflexe dangereux, en particulier en hiver où l’aération est trop souvent négligée.

Au delà du confort immédiat, cette enquête rappelle que la qualité de l’air intérieur est un enjeu de santé publique et de performance collective. Aération régulière, suivi d’indicateurs comme le CO2, clarification des consignes en cas de symptômes et recours à des solutions de purification apparaissent désormais comme des leviers indispensables. L’hiver agit ici comme un révélateur d’un sujet encore trop peu structuré dans les politiques de prévention en entreprise.

Elliot

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