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À Marseille Provence, le parking P3 devient une infrastructure de mobilité et d’énergie

L’Aéroport Marseille Provence poursuit sa transformation avec l’ouverture de son nouveau parking P3, un ouvrage de stationnement de grande capacité qui illustre l’évolution des infrastructures aéroportuaires. Réalisé par le groupement réunissant Gagnepark, ABA-Workshop, Eiffage Énergie Systèmes et Infrastructures, ce nouvel équipement ne se limite pas à ajouter des places de parking. Il répond à un enjeu plus large : accompagner la croissance du trafic, optimiser l’usage du foncier, améliorer le parcours voyageur et contribuer à la transition énergétique du site.

Avec ses cinq niveaux et ses 3 400 places, le parking P3 apporte une réponse concrète à une problématique devenue centrale dans les grands pôles de transport : comment augmenter les capacités d’accueil sans consommer inutilement de nouvelles surfaces au sol ? Dans un environnement aéroportuaire où chaque mètre carré compte, le choix d’un parking en silo permet de concentrer l’offre de stationnement sur une emprise maîtrisée, tout en limitant l’artificialisation des sols.

Ce projet s’inscrit dans une logique de modernisation globale du stationnement de l’aéroport. Pour les voyageurs, l’objectif est de rendre l’accès au site plus fluide, plus lisible et plus adapté aux besoins d’un équipement fréquenté toute l’année. Le stationnement constitue en effet l’un des premiers points de contact entre un passager et l’aéroport. Sa qualité d’usage, sa capacité et son organisation participent directement à l’expérience de voyage.

Mais l’intérêt du P3 dépasse la seule fonction de parking. L’ouvrage traduit une évolution de fond : les parkings ne sont plus seulement des lieux où l’on dépose un véhicule. Ils deviennent progressivement des infrastructures polyvalentes, capables d’intégrer des fonctions énergétiques, environnementales et urbaines.

Le dernier niveau du P3 accueille ainsi des ombrières photovoltaïques. Elles complètent le programme engagé sur les parkings P4, livré en 2024, et P3A, livré en 2025. L’ensemble de ces installations doit permettre à l’aéroport d’atteindre près de 4 GWh de production photovoltaïque annuelle, soit l’équivalent de la consommation d’environ 1 000 foyers. L’électricité produite sera consommée sur place et couvrira environ 20 % des besoins électriques de l’aéroport.

Cette autoconsommation locale constitue l’un des points structurants du projet. Elle permet de valoriser des surfaces déjà mobilisées pour le stationnement, tout en produisant une énergie renouvelable directement utile au fonctionnement du site. Les ombrières offrent également un bénéfice d’usage pour les automobilistes, en protégeant les véhicules du soleil, un sujet particulièrement sensible dans une région exposée à de fortes chaleurs.

Pour Gagnepark, spécialiste de la conception et de la réalisation de parkings silos et d’ombrières photovoltaïques, ce chantier illustre le savoir-faire nécessaire à la réalisation d’infrastructures complexes. Construire dans un aéroport en activité impose une organisation rigoureuse, afin de maintenir la continuité d’exploitation, respecter les délais, coordonner les différents intervenants et intégrer les équipements techniques sans perturber le fonctionnement général du site.

Le projet a donc nécessité une attention particulière à plusieurs dimensions : la performance technique de l’ouvrage, sa durabilité, l’intégration des installations photovoltaïques, la qualité d’usage pour les voyageurs et la bonne coordination entre les acteurs du chantier. Dans un environnement aéroportuaire, où les flux sont permanents et les contraintes fortes, ces éléments sont déterminants.

Le P3 de l’Aéroport Marseille Provence illustre ainsi une nouvelle génération d’équipements de stationnement. Leur vocation n’est plus uniquement capacitaire. Ils doivent répondre à plusieurs usages à la fois : accueillir les véhicules, optimiser le foncier, produire de l’énergie, améliorer les parcours et accompagner les transformations des mobilités.

Cette approche rejoint une tendance plus large dans l’aménagement des grands équipements urbains et de transport. Face à la raréfaction du foncier, à la nécessité de réduire l’empreinte environnementale des infrastructures et à la montée des attentes des usagers, les parkings sont appelés à devenir des espaces plus intelligents, mieux intégrés et plus utiles.

À Marseille Provence, le nouveau P3 marque donc une étape importante. Il augmente la capacité de stationnement de l’aéroport, mais il montre surtout comment un équipement souvent perçu comme purement fonctionnel peut devenir un levier de transition énergétique et d’optimisation urbaine. Dans les aéroports comme dans les villes, le stationnement entre dans une nouvelle phase : celle des infrastructures multifonctionnelles, pensées pour les mobilités de demain.

Elliot

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