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HRS accélère sa transformation dans un marché de l’hydrogène en phase d’ajustement

HRS aborde l’exercice 2025-2026 dans une configuration contrastée. Le concepteur et fabricant français de stations de ravitaillement en hydrogène affiche une progression de son activité semestrielle, une amélioration nette de sa marge brute et une réduction sensible de sa perte opérationnelle courante. Dans le même temps, le groupe doit composer avec un ralentissement des décisions d’investissement sur le marché européen de l’hydrogène, qui le conduit à réviser son objectif annuel de chiffre d’affaires.

Sur le premier semestre 2025-2026, couvrant la période du 1er juillet au 31 décembre 2025, HRS a réalisé un chiffre d’affaires de 8,6 millions d’euros, contre 7,4 millions d’euros un an plus tôt, soit une hausse de 16 %. Cette croissance repose principalement sur l’activité « Stations hydrogène & Maintenance », qui atteint 7,9 millions d’euros, contre 6,5 millions d’euros au premier semestre précédent. Le cœur de métier du groupe demeure donc le principal moteur de l’activité, avec une progression de 21 % des revenus liés aux stations hydrogène, à 7,3 millions d’euros.

La maintenance commence également à prendre davantage de poids dans le modèle économique. Ses revenus atteignent 0,6 million d’euros, en hausse de 33 % sur un an. Cette évolution confirme l’intérêt stratégique de cette activité, appelée à devenir une source de revenus récurrents au fur et à mesure de la mise en service des stations. Sur un parc installé de 31 stations, 13 contrats de maintenance ont déjà été signés, couvrant 17 stations, tandis que 13 autres contrats sont en cours de finalisation ou attendus. HRS met également en avant un taux de disponibilité des stations supérieur à 95 %, un indicateur important dans un secteur où la fiabilité opérationnelle conditionne la confiance des clients.

L’un des faits marquants du semestre réside dans l’amélioration de la rentabilité opérationnelle. La marge brute ressort à 37,7 %, contre 15 % un an plus tôt. Cette progression s’explique par de meilleures marges sur les stations les plus récentes et par la réutilisation de composants issus des stocks. L’EBITDA courant reste négatif, à -2,4 millions d’euros, mais la perte a été divisée par près de trois par rapport au premier semestre 2024-2025, où elle atteignait -6,5 millions d’euros.

Cette amélioration s’inscrit dans la mise en œuvre du plan Apollo, destiné à adapter la base de coûts du groupe à la réalité du marché. HRS indique avoir déjà réduit ses coûts fixes d’environ 6 millions d’euros en année pleine. Les économies portent sur plusieurs postes : baisse de la masse salariale, réduction des frais généraux structurels et diminution du recours aux prestataires externes. Les effectifs sont passés de 163 collaborateurs en juillet 2024 à 95 collaborateurs en avril 2026, tout en préservant, selon le groupe, les compétences clés et la capacité d’exécution industrielle et commerciale.

Les charges d’exploitation, hors dotations aux amortissements, provisions et plan d’attribution d’actions gratuites, ont ainsi reculé de près de 3 millions d’euros sur le semestre, à 11 millions d’euros. Les charges de personnel diminuent à 3,7 millions d’euros, contre 4,8 millions d’euros un an plus tôt, tandis que les charges externes reculent à 1,9 million d’euros, contre 2,8 millions d’euros au premier semestre précédent.

Le résultat net, en revanche, ressort fortement dégradé, à -19,6 millions d’euros, contre -10,2 millions d’euros un an plus tôt. Cette perte s’explique en grande partie par des éléments comptables non récurrents, sans effet sur la trésorerie. HRS a procédé à une dépréciation de ses immobilisations incorporelles pour 8,1 millions d’euros, à la suite d’un test de valeur tenant compte du ralentissement du marché. Le groupe a également ajusté la valeur de ses impôts différés actifs à hauteur de -6,7 millions d’euros. Ces éléments pèsent sur le résultat comptable, mais ne modifient pas directement la trésorerie ni la performance opérationnelle courante.

La trésorerie brute s’établit à 4,4 millions d’euros au 31 décembre 2025, contre 6,8 millions d’euros au 30 juin 2025. Les flux opérationnels sont proches de l’équilibre, à -0,6 million d’euros. HRS précise que cette position intègre des décalages d’encaissement post-clôture pour 4,2 millions d’euros, comprenant notamment une créance de 2,3 millions d’euros en cours de règlement. Le groupe a par ailleurs bénéficié d’un nouvel apport de 3,4 millions d’euros en compte courant de son fondateur et actionnaire principal via Holding HR.

Pour renforcer sa flexibilité financière, HRS a engagé un processus de cession-bail de son site industriel et de ses bureaux. L’opération, envisagée pour l’automne 2026, doit permettre de dégager de la trésorerie tout en sécurisant l’usage du site par un bail de long terme. Sur la base de ses anticipations actuelles, la société estime disposer des ressources nécessaires pour financer ses activités sur les douze prochains mois, en intégrant la réalisation potentielle de cette opération.

Sur le plan industriel et commercial, le semestre a été marqué par l’installation de deux nouvelles stations HRS14 en France, l’une à Saint-Égrève, en Isère, l’autre pour la communauté d’agglomération de l’Albigeois, dans le Tarn. HRS revendique désormais l’une des bases installées les plus importantes d’Europe, avec 31 stations opérationnelles de grande capacité.

À l’international, le groupe a enregistré 3,4 millions d’euros de commandes, notamment auprès d’Element 2 pour une station HRS14 en Écosse. Une autre commande, passée par un acteur majeur non nommé, porte également sur une station HRS14 de 300 kg par jour, bi-pression, destinée à ravitailler des véhicules hydrogène lourds et légers à 700 bar et 350 bar.

HRS avance aussi sur les stations de très grande capacité. Une station HRS160, d’une capacité de 4 tonnes par jour et dédiée au transport public, a passé avec succès ses tests de réception en usine. Elle est en cours d’installation chez le client et doit être mise en service à la fin du deuxième trimestre 2026. Ce développement positionne le groupe sur le segment des infrastructures hydrogène ultra-haute capacité, destiné notamment aux transports publics, à la logistique lourde et aux usages industriels intensifs.

Au-delà de la mobilité hydrogène, HRS cherche à diversifier ses relais de croissance. Le groupe accélère le développement d’une solution de production électrique hydrogène haute puissance, la Secure Power Unit, destinée aux data centers, infrastructures critiques, sites industriels sensibles et applications nécessitant une continuité d’alimentation. La première configuration visée porte sur une puissance de 1 MW, avec une trajectoire possible vers des solutions multi-MW. Cette orientation répond à la montée des besoins en alimentation électrique sécurisée, notamment sous l’effet du développement du numérique et de l’intelligence artificielle.

Cette diversification constitue un enjeu stratégique. Elle permettrait à HRS d’étendre son savoir-faire au-delà des stations de ravitaillement, en s’appuyant sur ses compétences en stockage et distribution d’hydrogène, intégration de systèmes complexes et sécurité industrielle. Le groupe y voit un relais de croissance futur, particulièrement dans un contexte où les acteurs des infrastructures critiques recherchent des alternatives décarbonées aux groupes électrogènes conventionnels.

Pour l’exercice 2025-2026, HRS ajuste toutefois ses ambitions. Le portefeuille commercial atteint 42 millions d’euros au 31 décembre 2025, dont 7,7 millions d’euros de commandes fermes en cours d’exécution à reconnaître sur l’exercice, et 34,3 millions d’euros de commandes à recevoir via des lettres d’intention et accords-cadres. Mais l’allongement des cycles de décision conduit le groupe à ramener son objectif annuel de chiffre d’affaires dans une fourchette de 15 à 20 millions d’euros, contre 25 à 35 millions d’euros précédemment.

L’entreprise estime que l’impact de cette révision sur sa trajectoire financière restera limité, grâce aux économies déjà réalisées et aux mesures complémentaires en cours. HRS prévoit en effet près de 2 millions d’euros d’économies additionnelles en année pleine à horizon 2026-2027, portant notamment sur les frais généraux, les processus industriels et la masse salariale.

Le semestre illustre ainsi une double réalité : un marché de l’hydrogène encore prometteur, mais soumis à des calendriers de décision plus longs, et une entreprise qui adapte rapidement sa structure pour préserver sa capacité industrielle. Pour HRS, l’enjeu des prochains mois sera de transformer son portefeuille commercial en commandes fermes, de sécuriser sa trésorerie et de réussir la montée en puissance de ses nouveaux relais technologiques, en particulier dans l’alimentation électrique hydrogène pour infrastructures critiques.

Elliot

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