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Le Concours carto IGN 2026 révèle onze regards sur les forêts françaises

Les forêts françaises se racontent aussi par les cartes. Pour sa deuxième édition, le Concours carto organisé par l’Institut national de l’information géographique et forestière, l’IGN, a choisi le thème « Mille et une forêts ». Onze réalisations ont été distinguées parmi près de 50 contributions, avec des approches qui mêlent histoire, biodiversité, usages, paysages, risques naturels et exploitation des ressources.

Organisé en partenariat avec Datagora et Le Figaro, le concours invitait les participants à représenter les forêts françaises à différentes échelles, depuis l’ensemble du territoire national jusqu’à des espaces beaucoup plus localisés. L’objectif était de montrer leurs caractéristiques, mais aussi les enjeux qui les entourent, qu’il s’agisse de protection, de gestion, de loisirs, d’évolution des paysages ou encore de rapports entre activités humaines et écosystèmes.

Les lauréats ont été dévoilés à l’occasion du lancement de l’Atlas 2026 de l’IGN intitulé « Cartographier l’anthropocène », lui aussi consacré à la forêt. Les travaux retenus ont été sélectionnés par un jury réunissant des experts forestiers, des cartographes ainsi que des professionnels du journalisme et de la communication.

Le reboisement et la protection des territoires récompensés

Le Grand prix a été attribué à Sabine Corvalan pour « reBoiser pour protéger les territoires habités ». La réalisation retrace les grandes opérations de plantation et de reboisement conduites depuis le XIXe siècle en France hexagonale et en Corse.

La carte met notamment en évidence le rôle de ces reboisements face à certains risques naturels et sanitaires. Elle rappelle ainsi que la forêt ne se limite pas à un patrimoine paysager ou économique, mais peut également participer à la protection des territoires et des populations.

La mention spéciale du jury revient à Floriane Picard pour « Les mille et une forêts de France ». Son travail propose une représentation stylisée des grandes régions forestières françaises vues du ciel, à travers cinq essences d’arbres présentées comme les plus représentatives du pays.

Des cartes qui associent création artistique et données géographiques

Le concours comportait également une mention artistique. Le premier prix a été décerné à Audrey Laché pour « En forêt ! Portraits cartographiques des pratiques sportives et de loisirs dans les forêts d’Occitanie ».

La série associe données géographiques et peintures acryliques afin de représenter les activités sportives et de loisirs pratiquées dans les forêts publiques de la région Occitanie.

Mickaël Cruchon obtient le deuxième prix artistique avec « Mille et une forêts (mille forêts en une) ». Sa carte adopte une approche métaphorique des grands bassins versants français, figurés sous la forme de troncs et de branches, les forêts devenant les feuillages. L’ensemble reprend un univers graphique inspiré de la bande dessinée.

Le troisième prix est attribué à Rémi Sauve pour « Mille et une forêts du Parc national des Pyrénées ». Sa carte épurée associe forêts et cours d’eau du parc national, avec une représentation destinée à suggérer la richesse de la biodiversité locale.

La cartographie utilisée comme outil pédagogique

La dimension pédagogique occupe également une place importante dans cette édition.

Adeline Molières remporte le premier prix de cette catégorie avec « L’Aigoual : une forêt, deux visages ». La carte met en évidence les différences de paysages forestiers du massif de l’Aigoual de part et d’autre de la ligne de partage des eaux.

Le deuxième prix revient à Margot Kestener et Lucas Sarkissian pour « Exploiter et protéger une ressource “naturelle” : la forêt française depuis Colbert ».

Leur réalisation regroupe cartes et croquis conçus comme un support de révision destiné au baccalauréat, dans le cadre de la spécialité Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques. Le travail aborde à la fois les fonctions économiques des forêts françaises et leurs évolutions historiques.

Le troisième prix pédagogique est attribué à Vincent Esculier, Franck Lagier et Elia Marie pour « Saoû, une forêt aux mille vies ». Leur carte représente la forêt de Saoû dans la Drôme, en associant une modélisation tridimensionnelle du relief et du couvert forestier à des illustrations d’espèces animales et végétales emblématiques.

L’objectif consiste à montrer les interactions entre relief, couverture forestière, faune et flore dans cet espace naturel.

Les transformations des écosystèmes au cœur des prix scientifiques

Les trois prix scientifiques s’intéressent davantage aux dynamiques des milieux naturels et aux transformations des paysages.

Camille Pelletant obtient le premier prix scientifique avec « Forêphémère ». L’ensemble présente plusieurs cartes diachroniques consacrées à l’évolution des paysages de la vallée de la Garonne. Le travail s’intéresse plus particulièrement à l’impact des peupleraies sur les paysages et sur les écosystèmes humides.

Le deuxième prix revient à Ana-Mariya Argirova, Montaine Gianoli et Loana Vibert pour « La mangrove guyanaise : une géographie mouvante ». Plusieurs cartes, réalisées à différentes échelles, présentent la mangrove de Guyane comme un écosystème en constante évolution, notamment sous l’effet des sédiments provenant de l’Amazone.

Séphora Abderrahim reçoit le troisième prix scientifique pour « Une biodiversité née du métal ». Son bloc diagramme consacré au Grand Sud calédonien souligne les relations entre géologie, biodiversité et activités minières. Il met ainsi en évidence la superposition de problématiques environnementales et économiques dans ce territoire.

Une forêt française représentée dans toute sa diversité

À travers ce palmarès, le concours fait apparaître une grande diversité de thèmes. Les forêts sont envisagées comme des espaces de biodiversité, de production, de loisirs, de protection contre certains risques, mais aussi comme des territoires modelés au fil du temps par les interventions humaines.

Certaines cartes couvrent l’ensemble du territoire français, tandis que d’autres se concentrent sur des espaces précis comme l’Aigoual, la forêt de Saoû, le Parc national des Pyrénées, la vallée de la Garonne, la mangrove guyanaise ou encore le Grand Sud calédonien.

Cette diversité géographique permet également d’élargir le regard au-delà des seules forêts de France hexagonale et d’intégrer des écosystèmes ultramarins aux caractéristiques très différentes.

Le concours était ouvert à tous. Les candidats devaient présenter leurs travaux sous l’un des trois formats imposés, carte postale, carte pliée ou affiche. Ils pouvaient mobiliser différentes sources de données, dont celles produites par l’IGN.

Au-delà du palmarès, cette deuxième édition illustre la capacité de la cartographie à rendre lisibles des phénomènes parfois complexes. Gestion forestière, biodiversité, évolution historique, risques, activités économiques ou loisirs peuvent être représentés dans un même langage visuel, offrant une autre manière de comprendre les transformations des forêts françaises.

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de Terre-Futur sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

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