iPhone, Samsung, Google, Xiaomi : la bataille climatique des smartphones haut de gamme
À chaque rentrée technologique, les nouveaux smartphones s’imposent comme des concentrés d’innovation, de design et de puissance. Mais derrière les annonces spectaculaires, une autre question prend de plus en plus d’importance : celle de leur empreinte environnementale. Le document fourni propose justement une lecture comparative des derniers iPhone face à leurs principaux concurrents, en s’appuyant sur les rapports environnementaux publiés par les fabricants. Il en ressort une conclusion nuancée : oui, des progrès existent, mais ils restent partiels, parfois modestes, et surtout largement conditionnés par les choix industriels, les volumes vendus et les usages réels.
Méthodologie
L’analyse de Greenly s’appuie sur les rapports environnementaux publics des produits Apple, Samsung, Xiaomi et Google, ainsi que sur les facteurs d’émission reconnus pour les réseaux électriques et les matériaux, fournis par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et des organismes similaires dans d’autres pays. En outre, une série d’hypothèses ont été formulées concernant la durée de vie moyenne des appareils (3 ans), le poids estimé des matériaux, ainsi que la composition mixte des réseaux régionaux publiée dans les rapports des entreprises. Afin d’évaluer les émissions à grande échelle, Greenly a utilisé les volumes d’expédition comme indicateur des ventes. Pour les émissions de Xiaomi, le modèle phare de 2024 (Xiaomi 14) a été utilisé comme indicateur pour la gamme Xiaomi 15T.
Apple a présenté en 2025 une nouvelle génération d’appareils composée notamment de l’iPhone Air et de l’iPhone 17 Pro. Sur le papier, l’iPhone Air apparaît comme le modèle le plus vertueux de la gamme. Son empreinte carbone est annoncée à 55 kg de CO₂e pour le modèle 256 Go, contre 64 à 67 kg de CO₂e pour l’iPhone 17 Pro. Il affiche aussi 35 % de contenu recyclé, dont 100 % d’aluminium recyclé pour le cadre, 100 % de cobalt recyclé dans la batterie, 95 % de lithium recyclé, 100 % de terres rares recyclées et 80 % de titane recyclé. À cela s’ajoutent une consommation énergétique inférieure de 60 % aux standards de référence, une meilleure réparabilité et une électricité d’approvisionnement issue à 45 % de sources renouvelables.
L’iPhone 17 Pro, lui, présente un profil plus contrasté. Son contenu recyclé global est inférieur, à 30 %, même s’il conserve plusieurs composants à très forte part de matières recyclées. Apple met également en avant des avancées en matière de réparabilité, avec une nouvelle architecture facilitant certaines interventions sur la batterie et la carte logique. Pourtant, malgré ces améliorations, l’empreinte carbone de ce modèle progresse légèrement par rapport à certains modèles précédents. Le document souligne que cette hausse s’explique probablement par l’augmentation des matériaux embarqués, des fonctionnalités proposées et des capacités de stockage. Autrement dit, l’amélioration environnementale ne suffit pas toujours à compenser l’alourdissement technologique de l’appareil.
La comparaison avec les générations antérieures d’iPhone est, à cet égard, éclairante. Les iPhone 15 et 15 Plus, en 2023, affichaient une empreinte de 71 à 75 kg CO₂e. Les iPhone 16 et 16 Plus, en 2024, descendaient à 61 à 64 kg CO₂e. L’iPhone Air 2025 descend encore à 55 kg CO₂e, ce qui en fait le meilleur élève de la lignée récente. En revanche, les iPhone 17 Pro et Pro Max remontent à 64 à 67 kg CO₂e, soit un niveau supérieur à celui de l’iPhone 16. Le constat est donc double : Apple progresse, mais de façon inégale selon les modèles. Le document insiste sur le fait que les gains, bien que réels, restent lents à l’échelle unitaire. Cependant, appliqués à des millions d’appareils vendus, ces écarts deviennent significatifs.
L’un des points les plus intéressants du document concerne la place réelle des matériaux recyclés dans le bilan global. Apple valorise fortement l’usage de matières recyclées, notamment l’aluminium, le cobalt, le lithium ou encore certaines terres rares. Or, selon les calculs présentés, les économies de CO₂ permises par ces matériaux ne représenteraient qu’environ 3,3 kg CO₂e par iPhone. Rapporté à une empreinte totale de 55 kg CO₂e pour l’iPhone Air, cela correspond à seulement 6 % environ de l’impact carbone du produit. Pour l’iPhone 17 Pro, la part serait encore un peu plus faible. Le message est clair : le recyclage améliore le profil du smartphone, mais il ne transforme pas à lui seul l’équation environnementale.
Cette limite ne signifie pas que l’effort soit négligeable. Le document rappelle qu’à l’échelle des volumes mondiaux, le raisonnement change complètement. Avec environ 231,8 millions d’iPhone expédiés en 2024, une économie moyenne de 3,3 kg CO₂e par appareil aboutirait à une réduction collective d’environ 764 940 tonnes de CO₂e. L’effet agrégé devient alors considérable. Mais cette lecture de masse souligne aussi une autre réalité : plus les ventes sont élevées, plus la moindre insuffisance environnementale devient un enjeu majeur. Chez Apple, le volume commercial donne une dimension systémique à chaque choix de conception.
Le document examine aussi les émissions liées à l’usage quotidien du smartphone, souvent moins visibles que celles liées à sa fabrication. Apple intègre cette phase dite d’usage dans ses rapports environnementaux, et celle-ci représenterait environ 15 à 20 % des émissions totales d’un iPhone. Sur trois ans, les émissions liées à l’utilisation d’un iPhone 17 Pro atteindraient environ 12,8 kg CO₂e, contre 9,35 kg CO₂e pour l’iPhone Air. Fait notable, ces émissions d’usage ne diminuent pas franchement avec le temps. À l’exception de l’iPhone Air, elles ont même tendance à progresser légèrement depuis l’iPhone 15. Le document avance une explication plausible : l’amélioration de l’efficacité énergétique est neutralisée par des batteries plus grosses, des fonctions plus gourmandes et des usages plus intensifs.
Là encore, l’effet de masse est déterminant. En appliquant ces niveaux d’émissions à l’ensemble des iPhone expédiés, le document estime que les seules émissions liées à la recharge représenteraient plus de 2,7 millions de tonnes de CO₂e sur trois ans. Cela montre qu’un appareil plus efficace sur le papier ne produit pas nécessairement une baisse absolue de l’impact si, en parallèle, il devient plus exigeant en énergie ou s’il continue à être remplacé rapidement. Le progrès technique ne garantit donc pas, à lui seul, une baisse durable des émissions.
La comparaison avec les concurrents renforce cette analyse. Parmi les appareils étudiés, le Samsung Galaxy S25 se distingue avec une empreinte totale de 45,7 kg CO₂e, soit le meilleur résultat de l’échantillon. Son empreinte liée à l’usage serait particulièrement faible, à seulement 2,97 kg CO₂e sur trois ans. L’iPhone Air suit avec 55 kg CO₂e, tandis que le Xiaomi 14, utilisé comme référence pour le 15T faute de rapport plus récent, est évalué à 53 kg CO₂e. À l’autre extrémité, le Google Pixel 10 atteindrait environ 82 kg CO₂e, ce qui en ferait le plus carboné du panel étudié. Le document en tire une conclusion importante : les grandes promesses marketing autour des matériaux recyclés ne se traduisent pas automatiquement par la meilleure performance climatique globale.
Samsung apparaît, dans cette comparaison, comme le fabricant le plus performant sur le plan des émissions déclarées, notamment grâce à un très faible niveau d’émissions en phase d’usage. Xiaomi, de son côté, obtient un résultat compétitif sans déployer un discours aussi massif sur la durabilité. Apple se situe dans une position intermédiaire : des progrès réels, visibles sur l’iPhone Air, mais encore insuffisants pour prendre la tête. Google, enfin, se distingue négativement avec le bilan le plus lourd par appareil parmi les modèles étudiés. Le document prend toutefois soin de rappeler que les méthodes de calcul des émissions d’usage diffèrent selon les constructeurs, ce qui impose une certaine prudence dans les comparaisons.
Autre enseignement majeur : le lieu où le smartphone est rechargé influe fortement sur son bilan. En s’appuyant sur une consommation typique d’environ 21 kWh sur trois ans, le document montre qu’un même appareil rechargé en France, où le mix électrique est relativement peu carboné, n’émettrait qu’environ 1,7 kg CO₂e, contre environ 9 kg CO₂e aux États-Unis. Cette différence de plus de cinq fois pour un même téléphone montre à quel point les moyennes mondiales publiées par les fabricants peuvent masquer des réalités très différentes selon les pays.
Au fond, cette étude comparative dessine une hiérarchie plus complexe que ne le laissent entendre les messages publicitaires. Apple avance, surtout avec l’iPhone Air, mais reste confrontée à une contradiction structurelle : chercher à verdir des appareils toujours plus sophistiqués, puissants et riches en matériaux. Le recyclage, la meilleure réparabilité et l’électricité renouvelable dans la chaîne d’approvisionnement sont des leviers utiles, mais ils ne compensent qu’en partie l’augmentation continue des besoins matériels et énergétiques. Le document pose ainsi une question centrale pour l’ensemble du secteur : la véritable rupture écologique ne passe-t-elle pas, désormais, par des appareils moins gourmands, conservés plus longtemps et conçus pour durer davantage ?
Pour le consommateur, le texte rappelle enfin que le geste le plus efficace reste souvent le plus simple : garder son téléphone plus longtemps. Prolonger d’un an la durée d’usage, réparer plutôt que remplacer, acheter reconditionné, mieux entretenir son appareil et recycler correctement en fin de vie constituent, selon le document, des leviers concrets pour réduire l’empreinte globale du smartphone. En d’autres termes, la transition écologique du numérique ne dépend pas uniquement des fabricants. Elle dépend aussi d’un changement de rythme dans notre rapport aux objets technologiques.
À propos de Greenly
Greenly s’impose aujourd’hui comme la suite climatique la plus déployée au monde. Plateforme technologique de référence, elle offre une capacité unique pour accompagner toutes les gammes d’entreprises, des grands groupes internationaux aux PME. Greenly permet à chaque organisation de piloter sa décarbonation avec une précision inégalée sur le Scope 3, descendant jusqu’à la maille produit, tout en automatisant la conformité aux exigences réglementaires les plus strictes (CSRD, CBAM, EUDR…). S’appuyant sur une présence stratégique mondiale avec des hubs à Paris, New York et Londres, Greenly fusionne une expertise réglementaire locale et une infrastructure technologique capable de s’adapter aux spécificités de chaque marché. Cette force de frappe opérationnelle permet aujourd’hui d’accompagner plus de 3 500 structures.Le groupe compte parmi ses clients des leaders mondiaux tels que Axa, Veolia, Fnac , Darty, Forvia, Nexans, Stellantis, HSBC, Sony, Shimano, Pentax, Fruit of the Loom, Ubisoft, Bureau Veritas et Villeroy & Boch. La solidité du modèle de Greenly est portée par un investissement cumulé de 75 M€, levés auprès d’investisseurs de premier plan comme Fidelity International Strategic Ventures. Ce soutien financier massif garantit une innovation continue et une robustesse méthodologique (validée par AFNOR Certification), positionnant Greenly comme le partenaire de confiance pour transformer les impératifs climatiques en véritables leviers de performance économique.



