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Amoéba lève 9,7 millions d’euros et renforce ses moyens financiers pour accélérer son développement

La société française Amoéba, spécialisée dans les solutions microbiologiques naturelles destinées notamment à la protection des plantes et à la cosmétique, vient de finaliser une augmentation de capital de 9,7 millions d’euros. Cette opération, qui intervient après un premier financement réalisé en septembre 2026, porte à 17,6 millions d’euros le montant brut total levé en quelques semaines. Au-delà de l’apport financier, elle permet à l’entreprise de réduire sensiblement son endettement et de poursuivre son développement commercial.

Basée à Chassieu, près de Lyon, Amoéba développe depuis 2010 des technologies reposant sur l’exploitation brevetée d’amibes. Son activité s’articule principalement autour de deux marchés : le biocontrôle, qui vise à proposer des solutions de protection des cultures, et la cosmétique, où l’entreprise cherche à valoriser les propriétés de sa technologie.

L’augmentation de capital, lancée le 2 octobre et clôturée le 23 octobre 2026, s’est accompagnée d’une demande supérieure au nombre de titres proposés. Les investisseurs ont demandé 33 680 048 actions à bons de souscription d’actions (ABSA), représentant un montant de 10,1 millions d’euros, soit un taux de souscription de 104,29 %.

Au total, 32 294 779 actions nouvelles seront émises au prix unitaire de 0,30 euro, pour un produit brut de 9 688 433,70 euros, prime d’émission comprise.

Un financement qui permet également de réduire la dette

L’un des principaux effets de cette opération concerne la structure financière d’Amoéba. Sur les 9,7 millions d’euros levés, environ 3,7 millions correspondent à des apports en numéraire, tandis que près de 6 millions résultent d’une conversion de créances obligataires détenues par Nice & Green, actionnaire de référence de l’entreprise.

Cette conversion permet de transformer une partie de la dette en capital, sans sortie de trésorerie correspondante pour son remboursement.

Nice & Green avait déjà procédé à une conversion de créances de 3 millions d’euros lors du placement privé réalisé en septembre 2026. Au total, ces deux opérations permettent de réduire d’environ 9 millions d’euros l’endettement obligataire d’Amoéba envers cet investisseur.

Celui-ci passe ainsi de 11,9 millions d’euros au 30 juin 2026 à 3 millions d’euros après l’opération. La société estime que cette diminution de son endettement entraînera une économie de frais financiers d’environ 500 000 euros par an, soit 1,5 million d’euros sur trois exercices.

L’échéance de remboursement du nominal des obligations simples reste fixée à septembre 2029.

Cette restructuration financière s’accompagne d’un renforcement de la position de Nice & Green au capital d’Amoéba. Sa participation doit passer de 24,90 % à 34,12 % après le règlement-livraison des nouvelles actions, prévu le 29 octobre 2026.

Des besoins de financement couverts jusqu’en septembre 2027

En intégrant les 7,9 millions d’euros obtenus lors du placement privé de septembre, Amoéba dispose d’un montant brut cumulé de 17,6 millions d’euros, dont environ 7,6 millions d’euros en numéraire.

Selon les prévisions de la direction, ces ressources doivent permettre de couvrir les besoins de financement de l’entreprise jusqu’au 30 septembre 2027.

La société prévoit d’affecter environ 30 % des fonds levés au développement commercial et 70 % au financement de ses besoins courants. Cette répartition doit accompagner la montée en puissance de ses activités tout en assurant la continuité de son fonctionnement.

La période qui s’ouvre reste néanmoins importante pour l’équilibre financier à moyen terme. Au-delà de septembre 2027, Amoéba compte notamment sur la valorisation commerciale de sa plateforme cosmétique Willa pour prendre le relais des financements obtenus auprès des investisseurs.

Cette monétisation, attendue à partir de 2027, doit contribuer à financer les activités jusqu’à l’autonomie financière visée pour 2029.

L’entreprise considère ainsi que les opérations réalisées en septembre et octobre pourraient constituer ses derniers appels au marché avant cette échéance, sous réserve de la concrétisation de ses projets dans la cosmétique.

Le biocontrôle au cœur du développement commercial

Le renforcement des moyens financiers intervient alors qu’Amoéba poursuit le développement de ses solutions destinées à la protection des cultures.

Sa technologie repose sur l’utilisation d’amibes, et plus particulièrement de Willaertia, pour développer des alternatives aux produits chimiques traditionnellement employés dans certains traitements.

L’entreprise a obtenu en 2025 une homologation de son produit AXPERA aux États-Unis, puis en 2026 en France. Elle poursuit ses démarches réglementaires dans d’autres pays européens ciblés.

Ces autorisations constituent des étapes importantes pour la commercialisation de ses solutions, dans un secteur où la mise sur le marché des produits phytosanitaires reste soumise à des exigences réglementaires nationales.

Amoéba souhaite désormais accélérer son développement commercial avec ses partenaires et élargir le champ d’application de sa technologie AXPERA à des cultures qui ne sont pas encore couvertes par les accords existants.

La direction prévoit les premiers volumes commerciaux significatifs lors de la campagne agricole 2027.

Cette échéance doit permettre à l’entreprise de poursuivre sa transition vers une activité générant des revenus commerciaux plus importants, après plusieurs années consacrées au développement technologique et aux procédures réglementaires.

La cosmétique, un second levier de valorisation

Parallèlement au biocontrôle, Amoéba entend tirer parti de sa plateforme cosmétique Willa.

Cette activité repose également sur son savoir-faire dans l’exploitation des amibes, avec des applications destinées à l’industrie cosmétique.

L’ingrédient développé par l’entreprise figure déjà dans la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques, connue sous le nom d’INCI. Cette inscription ouvre la voie à sa commercialisation sur différents marchés, même si certaines réglementations nationales, notamment en Chine, imposent des démarches spécifiques.

Amoéba indique travailler avec plusieurs acteurs importants du secteur afin de valoriser cet actif.

Pour l’entreprise, l’enjeu est à la fois industriel et financier. La monétisation de la plateforme Willa doit apporter de nouvelles ressources et contribuer à limiter le recours à de futures augmentations de capital.

À ce stade, cette perspective reste toutefois dépendante de la conclusion d’accords commerciaux et des revenus qui pourraient en découler.

Un objectif de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2029

Avec cette nouvelle structure financière, Amoéba maintient ses ambitions de croissance à moyen terme.

L’entreprise vise un chiffre d’affaires de l’ordre de 40 millions d’euros en 2029, accompagné d’un taux de marge opérationnelle courante supérieur à 10 %.

À plus long terme, elle ambitionne de doubler son activité pour atteindre 80 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2032, avec un ratio de résultat opérationnel courant sur chiffre d’affaires qui serait presque doublé par rapport à celui visé pour 2029.

Ces objectifs reposent sur la progression attendue des ventes dans le biocontrôle, l’élargissement des applications de sa technologie et la valorisation de ses actifs dans la cosmétique.

Ils constituent des perspectives de développement et non des résultats acquis. Leur réalisation dépendra notamment du rythme de commercialisation des produits, de l’obtention des autorisations nécessaires sur les différents marchés et de la concrétisation des partenariats industriels et commerciaux.

De nouvelles actions cotées à partir du 29 octobre

Sur le plan boursier, les 32 294 779 actions nouvelles doivent être admises aux négociations sur Euronext Growth Paris le 29 octobre 2026, sur la même ligne que les actions existantes, sous le code ISIN FR0011051598.

Chaque action nouvelle est accompagnée d’un bon de souscription d’actions (BSA), qui sera détaché et coté séparément.

Deux BSA permettront de souscrire une action nouvelle au prix de 0,60 euro jusqu’au 31 décembre 2028 inclus.

Si l’ensemble de ces bons était exercé, Amoéba pourrait obtenir un financement brut complémentaire pouvant atteindre environ 9,7 millions d’euros, grâce à l’émission d’un maximum de 16 147 389 actions supplémentaires.

Ce financement reste cependant potentiel. Il dépendra de l’exercice effectif des bons par leurs détenteurs, notamment au regard de l’évolution du cours de Bourse.

L’opération entraîne également une dilution pour les actionnaires qui n’y participent pas. À titre d’illustration, un investisseur détenant initialement 1 % du capital et ne souscrivant pas aux nouvelles actions verrait sa participation ramenée à 0,75 %. Elle pourrait diminuer à 0,67 % en cas d’exercice intégral des BSA, sur une base non diluée.

Après l’augmentation de capital et avant exercice des bons, le capital social d’Amoéba doit être composé de 129 179 117 actions.

Une nouvelle étape pour l’entreprise lyonnaise

Pour Amoéba, cette double opération financière marque une évolution dans sa trajectoire de développement. Elle permet de renforcer les ressources disponibles, de réduire le poids de la dette et de préparer les prochaines étapes commerciales.

Le soutien de Nice & Green joue un rôle central dans cette restructuration, tandis que la participation d’autres investisseurs contribue au financement des activités.

L’entreprise dispose désormais d’une visibilité financière annoncée jusqu’à septembre 2027. La suite dépendra principalement de sa capacité à transformer ses avancées technologiques et réglementaires en revenus commerciaux durables.

La montée en puissance d’AXPERA dans le biocontrôle et la valorisation de Willa dans la cosmétique seront donc déterminantes pour atteindre l’autonomie financière visée en 2029.

Au-delà de la réussite de l’augmentation de capital, c’est désormais l’exécution de cette stratégie industrielle et commerciale qui constituera le principal enjeu pour Amoéba.

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de Terre-Futur sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

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