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SUEZ et Gaz de Bordeaux bouclent la chaîne locale de la mobilité durable

La transition énergétique prend une dimension très concrète dans la métropole bordelaise. SUEZ et Gaz de Bordeaux ont conclu un accord portant sur le rachat, pendant neuf ans, de l’intégralité du biométhane produit par le site de méthanisation Terres d’Aquitaine, implanté à Saint Selve, en Gironde. Cette énergie renouvelable, issue de la valorisation de déchets organiques locaux, sera utilisée par Gaz de Bordeaux pour alimenter notamment son client Keolis Bordeaux Métropole Mobilités, en charge de la flotte de bus du bassin bordelais.

L’intérêt de cet accord tient à sa logique territoriale. Les déchets organiques provenant de la grande distribution, de l’industrie agroalimentaire, des collectivités ou encore de résidus agricoles du territoire aquitain sont transformés localement en biométhane. Cette énergie est ensuite réinjectée dans une boucle d’usage de proximité, au service des transports collectifs. Le modèle permet ainsi de relier trois enjeux majeurs : la gestion des biodéchets, la production d’énergie renouvelable et la décarbonation de la mobilité urbaine.

Exploitée par SUEZ, la plateforme Terres d’Aquitaine dispose d’une capacité de production annuelle de 45 GWh de biométhane. Elle s’inscrit dans une démarche plus large d’économie circulaire, puisque les digestats solides issus du processus de méthanisation sont intégralement valorisés en amendement certifié pour l’agriculture. Le site ne se limite donc pas à produire du gaz renouvelable : il contribue aussi à restituer de la matière organique aux sols, dans une logique de valorisation complète des flux.

SUEZ renforce ainsi son ancrage dans le bassin de vie bordelais, où le groupe compte 700 collaborateurs en Gironde. L’entreprise y développe une approche industrielle fondée sur la valorisation locale des ressources, avec des installations pilotées par des systèmes experts destinés à améliorer leur performance. Depuis la création du site Terres d’Aquitaine, plus de 22 millions d’euros ont été investis, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine et de l’ADEME.

La plateforme a également franchi une nouvelle étape avec la mise en service d’une unité de captation et de traitement du CO2 issu du processus de méthanisation. À terme, elle doit produire 3 500 tonnes de CO2 biogénique purifié et liquéfié sur place. Ce CO2 est destiné à des coopératives agricoles du sud de la France et peut remplacer du CO2 d’origine fossile, notamment dans des serres maraîchères, où il contribue à améliorer les rendements des plants de tomates tout en réduisant l’empreinte carbone de la production.

Pour Gaz de Bordeaux, cet accord s’inscrit dans une stratégie d’approvisionnement renforcée en biométhane français. Fournisseur multi-énergies vertes, l’entreprise développe des partenariats avec des unités de méthanisation afin de garantir le rachat de 100 % de leur production. Elle s’appuie déjà sur 48 sites exclusivement situés en France, dont 32 en Nouvelle-Aquitaine, pour un volume annuel injecté qui doit atteindre 800 GWh d’ici 2028.

Ce nouveau contrat consolide donc la place de Gaz de Bordeaux comme acheteur important de biométhane en Nouvelle-Aquitaine, région dans laquelle il couvrait déjà 30 % des volumes injectés en 2024. Il répond également à une demande croissante des particuliers, des professionnels et des acteurs publics pour des offres énergétiques renouvelables, produites sur le territoire national.

L’enjeu dépasse la seule fourniture d’énergie. Dans un contexte de tensions sur les approvisionnements, de recherche de souveraineté énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le biométhane apparaît comme une solution de transition ancrée dans les territoires. Il permet de produire une énergie stockable, renouvelable et compatible avec les infrastructures existantes, tout en créant de la valeur à partir de déchets qui auraient autrement constitué une charge de traitement.

L’exemple bordelais illustre également la façon dont les collectivités, les industriels et les fournisseurs d’énergie peuvent construire des boucles locales cohérentes. Les biodéchets du territoire deviennent une ressource énergétique, cette énergie alimente une flotte de transport public, et les coproduits retournent vers l’agriculture. Cette articulation donne une traduction opérationnelle à la notion d’économie circulaire.

Pour la métropole bordelaise, l’accord entre SUEZ et Gaz de Bordeaux apporte une nouvelle source d’approvisionnement locale et renouvelable à la mobilité collective. Il renforce aussi la visibilité de la filière biométhane, encore appelée à se développer dans les prochaines années. À travers ce partenariat, la transition énergétique ne se résume pas à un objectif lointain : elle devient un circuit concret, inscrit dans le quotidien des habitants, des entreprises et des services publics du territoire.

Elliot

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