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Quand la transition écologique devient un apprentissage concret

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026, la transition écologique s’installe de plus en plus dans le quotidien des établissements scolaires. Avec le programme Eco-Ecole, porté en France par l’association Teragir, les élèves ne se contentent pas d’aborder les enjeux environnementaux en classe. Ils sont invités à observer leur environnement, à identifier des problèmes concrets, à proposer des solutions et à mesurer les résultats des actions engagées.

Accessible gratuitement aux établissements de la maternelle au lycée, Eco-Ecole repose sur une méthode qui permet d’intégrer la transition écologique à la fois dans les enseignements et dans le fonctionnement quotidien des écoles, collèges et lycées. Le programme s’articule autour de huit grandes thématiques : l’alimentation, la biodiversité, le climat, les déchets, l’eau, l’énergie, la santé et les solidarités. Chaque établissement construit son propre projet en fonction de son territoire, de ses besoins et des priorités identifiées localement.

Le dispositif prévoit également quatre niveaux de labellisation, de Bronze à Platine, permettant de tenir compte de la maturité des projets et de l’avancement de chaque établissement dans sa démarche.

Apprendre en observant et en expérimentant

La philosophie du programme repose largement sur l’apprentissage par l’action. Réduction des déchets, économies d’eau, lutte contre le gaspillage alimentaire, préservation de la biodiversité, végétalisation des cours d’école, économies d’énergie ou encore réflexion sur les mobilités peuvent ainsi devenir des sujets de travail pour les élèves.

Dans les établissements concernés, ceux-ci commencent généralement par dresser un état des lieux. Ils enquêtent, échangent avec les personnels et les partenaires, débattent des solutions envisageables puis participent à leur mise en œuvre. Cette approche cherche à relier les connaissances acquises en classe à des situations directement observables dans l’environnement scolaire.

Les résultats rapportés par les établissements engagés montrent que cette démarche dépasse le seul champ environnemental. Selon les données présentées par Eco-Ecole, 94 % des établissements font régulièrement le lien entre leur projet et les enseignements. Par ailleurs, 91 % constatent l’acquisition de nouvelles compétences chez les élèves, notamment en matière d’autonomie, d’initiative et de vivre-ensemble. La même proportion estime que le programme contribue à leur épanouissement, tandis que 91 % mobilisent également des partenaires locaux autour de leurs projets.

Une démarche qui dépasse les murs de l’école

Eco-Ecole ne repose pas uniquement sur les enseignants et les élèves. Les projets peuvent associer les personnels des établissements, les familles, les collectivités territoriales ainsi que différents acteurs locaux.

L’objectif est aussi de créer des liens entre l’établissement scolaire et son territoire. Cette ouverture permet aux élèves de découvrir des métiers, de travailler avec des partenaires extérieurs et de confronter leurs projets à des réalités locales.

Cette logique est illustrée par le collège Albert Camus, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, engagé depuis près de dix ans dans une démarche de transition écologique avec le Parc naturel régional du Luberon et différents partenaires. Après avoir abordé plusieurs thématiques au fil des années, l’établissement travaille actuellement sur l’alimentation.

Le projet a commencé par un diagnostic associant notamment le chef de cuisine, le gestionnaire, les enseignants et les élèves. Commission des menus, lutte contre le gaspillage alimentaire et potager pédagogique font partie des actions mises en œuvre afin d’associer directement les jeunes à l’évolution de leur établissement.

La professeure Sandrine Coulomb souligne que cette démarche s’est progressivement transformée en véritable culture d’établissement, avec des échanges entre écoles et acteurs du territoire permettant d’enrichir les projets.

La santé et les solidarités également concernées

La transition écologique est ici envisagée dans un sens large, puisqu’elle inclut également des dimensions sociales et sanitaires.

À l’Externat médico-éducatif du Luxembourg ASEI, en Île-de-France, le projet est ainsi consacré à la santé. Des ateliers de communication positive, des activités physiques adaptées, des randonnées et des actions autour de la nutrition doivent permettre aux jeunes de mieux connaître leur corps, de développer leur autonomie et de renforcer leur confiance en eux.

Dans l’école primaire Le Sacré Cœur, dans les Pays de la Loire, l’accent a été mis sur les solidarités. Après une enquête collective portant sur le climat scolaire, plusieurs initiatives ont été engagées : accompagnement d’élèves en difficulté, ateliers réunissant différents niveaux, sensibilisation au harcèlement, réalisation d’une chanson contre les discriminations ou encore journées sportives avec des écoles voisines.

L’établissement travaille parallèlement sur le gaspillage alimentaire et dispose d’une mini-ferme permettant aux élèves d’observer le vivant et d’apprendre à prendre soin de poussins.

L’eau comme terrain d’expérimentation en Martinique

Le lycée professionnel Jeanne Catayé, en Martinique, a choisi de consacrer son projet à la gestion de l’eau.

Accompagné par l’Office de l’eau de Martinique, relais local du programme, l’établissement a réalisé un diagnostic afin d’identifier les différents usages de la ressource et les améliorations possibles. Plusieurs pistes ont été retenues, notamment la récupération des eaux pluviales, des actions de sensibilisation et l’implication des éco-délégués.

L’objectif est de réduire le gaspillage tout en permettant aux élèves de mieux comprendre les enjeux liés à la préservation d’une ressource essentielle. Le lycée devient ainsi un terrain d’expérimentation à l’échelle locale.

Donner aux élèves la possibilité d’agir

À travers ces différentes expériences, Eco-Ecole entend montrer que l’éducation à la transition écologique peut aller au-delà de la transmission de connaissances théoriques. Les élèves sont associés aux décisions et aux actions, avec l’idée qu’une participation concrète favorise l’apprentissage et la prise d’initiative.

Pour Nathalen Plume, directrice du pôle Education et Jeunesse de Teragir, les enfants et les jeunes souhaitent non seulement comprendre la transition écologique, mais aussi pouvoir y contribuer. L’expérience menée dans les établissements engagés montre, selon elle, qu’en leur donnant la possibilité d’agir, les élèves apprennent différemment, prennent davantage d’initiatives et peuvent entraîner avec eux l’ensemble de la communauté scolaire.

Le programme Eco-Ecole est présent dans 101 pays. Créé par la Foundation for Environmental Education, il est développé en France depuis 2005 par Teragir. Les inscriptions sont ouvertes toute l’année et les établissements participants bénéficient gratuitement d’une méthode, de ressources pédagogiques et d’un accompagnement pour élaborer un projet adapté à leur contexte.

À travers cette démarche, l’école devient non seulement un lieu où l’on apprend les enjeux de la transition écologique, mais également un espace où élèves et adultes peuvent expérimenter collectivement des solutions à leur échelle.

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