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Kiabi mise sur des vêtements plus durables sans renoncer aux petits prix

Dans l’habillement, la réduction de l’impact environnemental ne peut pas se limiter au choix des matières. Elle touche aussi la résistance des vêtements, leur durée d’usage, les procédés de fabrication et la capacité à maintenir des prix accessibles. C’est sur cette combinaison que Kiabi entend poursuivre son évolution en 2026, avec le denim comme l’un de ses principaux terrains d’expérimentation.

La marque cherche notamment à renforcer la qualité à chaque étape de la vie du produit. Cela commence par la sélection des fibres, mais concerne également la teinture, le lavage, la confection, les contrôles et les finitions. L’objectif affiché est de réduire l’impact environnemental tout en préservant la résistance, le confort, la forme et l’aspect des vêtements au fil des utilisations.

Cette approche prend une dimension particulière sur les produits du quotidien, souvent portés et régulièrement lavés. Kiabi cite notamment sa technologie Tough Cotton™, destinée à renforcer la résistance du coton lavage après lavage. La marque indique aussi avoir augmenté, depuis 2025, les grammages de ses tee-shirts Essentiels afin d’améliorer la tenue de ces basiques.

Une part croissante de matières considérées comme à moindre impact

Depuis 2022, Kiabi remplace progressivement certaines fibres conventionnelles par des matières présentées comme ayant un impact environnemental moindre, notamment du coton issu de l’agriculture biologique, du coton recyclé et du polyester recyclé.

En 2025, ces matières représentaient 87 % des fibres utilisées par l’enseigne, contre 55 % en 2022. Sur cette même période, le recours au coton biologique aurait progressé de 286 % et celui au polyester recyclé de 420 %, selon les données fournies par la marque.

La traçabilité repose sur plusieurs certifications. GOTS et OCS sont utilisées pour attester l’origine biologique des matières concernées, tandis que GRS et RCS portent notamment sur leur contenu recyclé. Kiabi précise également que plus de 98 % de sa gamme bébé était certifiée OEKO-TEX® STANDARD 100 en 2025.

Le choix des matières est également pensé dans une perspective de recyclabilité. En 2025, 48 % des produits textiles étaient conçus en mono-composition, une caractéristique destinée à faciliter leur recyclage en fin de vie.

Réduire l’eau utilisée lors des traitements

Au-delà de la composition des vêtements, Kiabi travaille sur les procédés de teinture et de lavage. Le denim occupe ici une place particulière, car sa fabrication fait intervenir plusieurs étapes susceptibles de consommer de l’eau, de l’énergie et des produits chimiques.

La marque indique avoir initié dès 2016 des procédés de lavage économes en eau pour ses jeans, avant de les étendre en 2025 à l’ensemble des catégories nécessitant un lavage. Selon ses calculs, ces procédés auraient permis d’économiser 479 millions de litres d’eau en 2025 par rapport à des procédés conventionnels.

Le recours au laser constitue l’un des leviers utilisés. Cette technologie permet de créer certains effets d’usure ou de contraste sans eau ni produits chimiques. La réduction du nombre de bains de teinture à l’indigo constitue une autre piste, en limitant ensuite l’intensité nécessaire des opérations de délavage.

Ces évolutions doivent néanmoins être appréciées en conservant un objectif de qualité d’usage. Kiabi insiste ainsi sur la nécessité de ne pas réduire la consommation de ressources au prix d’une dégradation de la souplesse, de l’apparence ou de la tenue du vêtement.

Le jean reste un laboratoire pour la marque

Depuis 2016, le denim sert de terrain d’expérimentation à Kiabi. La collection Coup de cœur Denim automne-hiver 2026 rassemble plusieurs des évolutions engagées au cours des dernières années.

Pour la femme et la fille, la marque met notamment en avant un jean barrel, à la jambe ample au niveau de la cuisse puis resserrée à la cheville. Il est proposé en bleu brut, chocolat, gris délavé et imprimé animalier. Il est confectionné en 100 % coton, dont 30 % de coton recyclé.

Le positionnement tarifaire reste celui de l’enseigne. Le modèle est affiché à 15 euros pour la femme et 10 euros pour la fille. La collection comprend également un jean homme au délavage vintage à 29 euros ainsi qu’un jean garçon gris à 15 euros.

Le défi est donc clairement identifié : modifier progressivement les matières et les procédés industriels sans remettre en cause l’accessibilité tarifaire qui constitue historiquement le positionnement de Kiabi.

Une partie de la production réalisée dans le Nord

Cette stratégie passe également par le Denim Center de Neuville-en-Ferrain, dans les Hauts-de-France. Inauguré en avril 2022 et utilisé par Kiabi depuis 2023, ce site permet d’expérimenter et de produire localement des jeans en maîtrisant plusieurs étapes de leur fabrication.

Le site dispose notamment d’équipements utilisant le laser et l’ozone. Sur les opérations concernées, leur combinaison permettrait de diviser par six la consommation d’eau par rapport à un procédé conventionnel.

En 2026, 100 000 jeans doivent sortir de ces ateliers, répartis à parts égales entre Kiabi et Jules. Cela représente 50 000 jeans pour chacune des deux enseignes. Le site emploie 53 opérateurs formés aux techniques spécifiques de confection du denim.

Le premier jean Kiabi fabriqué en France avec le Denim Center intégrait 31 % de coton recyclé. L’enjeu est également industriel, puisque ce site contribue au maintien de compétences textiles dans une région historiquement liée à cette activité.

Qualité environnementale et durabilité doivent avancer ensemble

L’évolution engagée par Kiabi illustre un enjeu plus large pour le secteur de l’habillement. Réduire la quantité de matières vierges, économiser de l’eau ou intégrer davantage de matières recyclées ne suffit pas si le vêtement perd en résistance et doit être remplacé plus rapidement.

La durabilité réelle d’un produit repose donc sur plusieurs paramètres qui doivent progresser simultanément : qualité de la fibre, solidité de la confection, maîtrise des traitements, facilité de recyclage et maintien des qualités d’usage.

Pour une enseigne positionnée sur les petits prix, une difficulté supplémentaire consiste à intégrer ces évolutions sans transformer profondément le niveau de prix proposé aux consommateurs. La collection denim 2026 constitue, à ce titre, un exemple concret de la manière dont Kiabi cherche à concilier accessibilité, qualité et évolution de ses procédés industriels.

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de Terre-Futur sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

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