Cette triple mise en service illustre les différentes possibilités d’intégration des énergies renouvelables dans les territoires. Les projets ne répondent en effet pas aux mêmes contraintes. En Ardèche, l’installation photovoltaïque accompagne une exploitation agricole confrontée aux effets du changement climatique. Dans l’Yonne, la centrale valorise une ancienne gravière. Dans le Nord, les éoliennes cohabitent avec le maintien de l’activité agricole.
Un premier parc agrivoltaïque dynamique sur culture
À Saint-Didier-sous-Aubenas, en Ardèche, le parc du Bosquet constitue le premier parc agrivoltaïque dynamique sur culture mis en service par Boralex en France. Entré en exploitation en juillet 2026, il développe une puissance installée de 2,44 MWc sur une surface de 2,46 hectares et comprend 3 900 panneaux photovoltaïques. Sa production est donnée comme équivalente à la consommation électrique de 1 400 habitants. Boralex estime également à 25 tonnes par an les émissions de CO2 évitées.
La particularité du projet tient à son association avec une culture de kiwis. L’installation a été conçue avec l’exploitant agricole en tenant compte des difficultés rencontrées par cette production face aux épisodes de chaleur.
Selon l’exploitant Jean-Marc Manent, la production de son exploitation a diminué de 25 à 30 % en cinq ans. Le dispositif agrivoltaïque doit permettre d’évaluer l’intérêt de l’ombrage apporté par les panneaux pour réduire l’évapotranspiration des arbres. L’agriculteur évoque également jusqu’à 20 % d’économies d’eau ainsi qu’une protection supplémentaire contre la grêle et le gel.
L’enjeu dépasse donc la seule production électrique. Boralex entend tirer de cette première installation des enseignements agronomiques, techniques et opérationnels afin de consolider son modèle agrivoltaïque et d’accompagner le développement de nouveaux projets.
Une ancienne gravière transformée en site de production solaire
Le deuxième projet, Plaine de Nange, se situe sur les communes de Rosoy et Étigny, dans l’Yonne. Il se distingue par l’association de panneaux photovoltaïques installés au sol et de panneaux flottants.
La centrale a été aménagée sur une ancienne gravière qui n’était plus exploitée depuis 2009. Cette implantation permet ainsi de réutiliser un espace déjà transformé par l’activité humaine sans occuper de nouvelles surfaces agricoles. Selon Boralex, la partie solaire flottante bénéficie par ailleurs du refroidissement naturel des panneaux, susceptible d’améliorer leurs performances sur la durée.
Avec 28,9 MWc de puissance installée, Plaine de Nange est de loin la plus importante des trois nouvelles installations en termes de capacité. Le site couvre 20,41 hectares et compte 46 700 panneaux.
Sa production est présentée comme équivalente à la consommation électrique d’environ 14 000 habitants, soit près de la moitié de la population d’Auxerre. Les émissions évitées sont estimées à 250 tonnes de CO2 par an.
Le financement du projet comporte également une dimension locale. Une campagne d’investissement participatif a permis aux riverains de contribuer au financement de la centrale à hauteur de 200 000 euros.
Cinq nouvelles éoliennes dans le Nord
Troisième installation mise en service en juillet 2026, le parc éolien Les Cent Mencaudées s’étend sur les communes de Solesmes, Briastre et Neuvilly, dans le Nord.
Composé de cinq éoliennes, il affiche une puissance installée de 18,37 MW. Sa production doit représenter l’équivalent de la consommation électrique de plus de 21 500 habitants. Boralex estime que le parc permettra d’éviter plus de 1 800 tonnes de CO2 chaque année.
Le projet repose également sur la coexistence entre production d’électricité et agriculture. L’emprise des éoliennes permet le maintien de l’exploitation agricole autour des installations. Le parc procure par ailleurs des revenus complémentaires aux agriculteurs concernés.
Des travaux ont également porté sur la remise en état de chemins et la réalisation d’aménagements destinés à faciliter l’accès aux parcelles. La construction a mobilisé des entreprises locales dans plusieurs domaines, notamment les réseaux, le génie civil, le débroussaillage, l’aménagement paysager et la maintenance.
Trois projets et trois modèles d’intégration territoriale
Pris ensemble, ces trois projets montrent surtout que le développement des énergies renouvelables ne repose plus sur un modèle unique d’implantation.
Le Bosquet explore la combinaison entre adaptation agricole et production photovoltaïque. Plaine de Nange valorise un espace précédemment consacré à l’extraction de matériaux en associant solaire terrestre et flottant. Les Cent Mencaudées illustrent de leur côté la coexistence entre production éolienne et activité agricole.
Les chiffres relatifs aux émissions de CO2 évitées et aux équivalents de consommation en nombre d’habitants sont calculés, selon Boralex, à partir d’une méthodologie recommandée par l’ADEME, prenant notamment en compte la source d’injection de l’électricité et son empreinte carbone locale.
Ces mises en service viennent parallèlement renforcer le portefeuille d’actifs exploités par Boralex en Europe. L’entreprise indique disposer désormais d’une puissance installée globale de 3 822 MW, en progression de plus de 50 % au cours des cinq dernières années. Son portefeuille de projets en développement et son chemin de croissance représentent près de 8,2 GW dans l’éolien, le solaire et les systèmes de stockage d’énergie par batterie.
Avec près de 50 MW supplémentaires mis en exploitation simultanément dans trois territoires français, Boralex illustre ainsi trois manières d’insérer de nouvelles capacités renouvelables dans des environnements existants : protéger une production agricole, reconvertir un site déjà anthropisé ou maintenir l’agriculture autour d’infrastructures éoliennes.
