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Voiture électrique et canicule, les bons réflexes pour préserver la batterie et l’autonomie

Après un premier épisode de chaleur exceptionnel dès le mois de mai, la France affronte une nouvelle période caniculaire en ce mois de juin, avec des températures susceptibles d’approcher localement les 40 °C. Pour les automobilistes, ces conditions extrêmes soulèvent de nombreuses interrogations, notamment lorsqu’ils conduisent un véhicule électrique.

L’utilisation de la climatisation fait-elle fortement chuter l’autonomie ? Une batterie peut-elle surchauffer ? La recharge est-elle plus lente lorsqu’une borne se trouve en plein soleil ? Les fortes températures risquent-elles d’accélérer le vieillissement du véhicule ? Ces questions deviennent d’autant plus fréquentes que de nombreux conducteurs découvrent encore les particularités de la mobilité électrique.

Selon Solal Botbol, cofondateur et président-directeur général de Beev, les voitures électriques récentes disposent de technologies permettant de limiter les effets de la chaleur. Quelques précautions restent néanmoins utiles pour préserver leurs performances, leur autonomie et la durée de vie de leur batterie.

Une consommation supplémentaire liée à la climatisation

La première inquiétude des conducteurs concerne généralement l’utilisation de la climatisation. Dans une voiture électrique, celle-ci puise directement son énergie dans la batterie de traction. Elle peut donc réduire l’autonomie disponible, mais son impact doit être relativisé.

D’après les indications de Beev, la climatisation consomme généralement entre 1 et 2 kilowatts. Sur un trajet de 100 kilomètres, son utilisation pourrait représenter une perte d’autonomie de l’ordre de 5 à 10 kilomètres, selon le véhicule, la température demandée, la vitesse, les conditions de circulation et le niveau d’isolation de l’habitacle.

Cette consommation demeure généralement moins importante que celle du chauffage en hiver. Celui-ci peut mobiliser une puissance comprise entre 3 et 4 kilowatts, notamment lorsque le véhicule ne dispose pas d’une pompe à chaleur performante.

Les modèles récents sont de plus en plus souvent équipés de pompes à chaleur réversibles. Ces équipements permettent de chauffer ou de refroidir l’habitacle en utilisant moins d’électricité qu’un système traditionnel. Une voiture électrique moderne peut ainsi mieux supporter les épisodes de chaleur que certains automobilistes ne l’imaginent.

La climatisation augmente également la consommation des véhicules thermiques. Dans leur cas, elle sollicite le moteur et peut entraîner une hausse de la consommation de carburant, particulièrement en ville, où les démarrages fréquents et la circulation ralentie accentuent les besoins énergétiques.

La chaleur accélère les réactions chimiques dans la batterie

Le principal enjeu de la canicule ne concerne pas seulement la consommation immédiate d’électricité. Il porte également sur les effets de la chaleur sur la batterie lithium-ion.

Lorsque la température dépasse 30 °C, les réactions chimiques internes de la batterie peuvent s’accélérer. Une exposition prolongée à des températures élevées est susceptible de fragiliser progressivement les électrodes et les électrolytes qui composent les cellules.

Cette dégradation ne provoque pas nécessairement une panne brutale. Elle peut toutefois entraîner, au fil des années, une diminution de la capacité de stockage de la batterie. Le véhicule conserve alors moins d’énergie après une recharge complète, ce qui se traduit par une autonomie progressivement réduite.

Selon Solal Botbol, une exposition répétée à des températures élevées pourrait réduire sensiblement la durée de vie de la batterie par rapport à une utilisation dans des conditions thermiques plus modérées. Le véritable risque se situe donc davantage dans l’accumulation des épisodes de chaleur que dans une perte spectaculaire et immédiate d’autonomie au cours d’un seul trajet.

Les températures extérieures ne sont d’ailleurs pas les seules responsables. Une conduite très dynamique, des accélérations répétées, une vitesse élevée ou l’enchaînement de recharges rapides peuvent également provoquer un échauffement interne.

Des systèmes de refroidissement devenus indispensables

Pour réduire ces risques, les constructeurs automobiles ont développé des systèmes de gestion thermique de plus en plus sophistiqués. Souvent désignés par l’acronyme BTMS, pour « Battery Thermal Management System », ces dispositifs surveillent la température de la batterie et interviennent lorsque celle-ci s’éloigne de sa plage optimale de fonctionnement.

Sur les véhicules les plus récents, la batterie peut être refroidie par un circuit liquide. Cette technologie permet de répartir plus uniformément la température entre les cellules et de limiter les pics de chaleur. Elle s’avère particulièrement utile lors d’une recharge rapide ou d’une conduite soutenue sur autoroute.

Certains modèles, notamment parmi les petites citadines électriques, utilisent encore des systèmes de refroidissement par air. Plus simples et moins coûteux, ils peuvent toutefois se montrer moins efficaces lorsque la température extérieure devient très élevée.

La qualité de la gestion thermique constitue donc un critère important lors du choix d’une voiture électrique. Elle influence la sécurité, la régularité de la recharge, les performances du véhicule et la longévité de la batterie.

Peut-on recharger une voiture électrique en plein soleil ?

Les bornes de recharge sont conçues pour fonctionner à l’extérieur et pour résister à des conditions météorologiques difficiles. Une borne installée en plein soleil ne devient donc pas automatiquement dangereuse lorsque les températures augmentent.

Les équipements les plus performants peuvent conserver un fonctionnement normal jusqu’à des températures extérieures proches de 50 °C. Ils disposent généralement de mécanismes de surveillance permettant d’interrompre ou de limiter la recharge en cas d’anomalie.

Pendant une canicule intense, la puissance délivrée peut toutefois être temporairement réduite. Cette limitation peut être décidée par la borne, mais elle provient le plus souvent du véhicule lui-même. Le système électronique réduit alors la puissance reçue afin d’éviter une montée excessive de la température de la batterie.

Dans certaines circonstances, le réseau électrique peut également imposer une limitation, notamment sur les stations ultrarapides très sollicitées. L’objectif reste d’assurer la sécurité de l’installation et de garantir la continuité du service.

La recharge demeure donc possible et sécurisée, mais elle peut demander davantage de temps.

Une recharge parfois ralentie par les protections thermiques

La chaleur n’est pas systématiquement défavorable à la recharge. Une batterie trop froide accepte généralement moins facilement une puissance élevée. C’est pour cette raison que certains véhicules préchauffent leur batterie avant l’arrivée sur une borne rapide.

En période de forte chaleur, le problème inverse peut cependant se produire. Si la température de la batterie devient excessive, le véhicule active son système de refroidissement et diminue la puissance de recharge.

Cette régulation peut entraîner un allongement de la durée d’arrêt, notamment sur les bornes rapides et ultrarapides. Une partie de l’électricité consommée sert également à faire fonctionner le refroidissement de la batterie pendant la session.

Le conducteur peut donc constater une puissance inférieure à celle annoncée par la borne, sans que cela signifie nécessairement que celle-ci est défectueuse. La réduction peut simplement correspondre à une mesure de protection automatique.

Lors d’un long trajet estival, mieux vaut prévoir une marge supplémentaire et ne pas organiser son parcours sur la seule base du temps de recharge maximal annoncé par le constructeur.

Le principal enjeu concerne le vieillissement à long terme

Une batterie lithium-ion peut commencer à subir des dégradations irréversibles lorsqu’elle reste exposée à des températures très élevées, comprises entre 50 et 70 °C. Une telle situation peut résulter de la combinaison de plusieurs facteurs : chaleur extérieure, stationnement prolongé au soleil, conduite intensive et recharges rapides répétées.

Les systèmes de refroidissement ont précisément pour fonction d’éviter que la batterie atteigne durablement ces niveaux critiques. Ils ne peuvent toutefois pas supprimer totalement les contraintes thermiques, particulièrement lorsque celles-ci se répètent au fil des années.

Une batterie correctement utilisée et protégée peut aujourd’hui conserver ses fonctions pendant une période comprise entre dix et vingt ans, selon Beev. Cette durée dépend notamment de la technologie employée, du kilométrage, du nombre de cycles de recharge, des habitudes de conduite et des conditions de stationnement.

L’enjeu n’est donc pas de renoncer à utiliser son véhicule pendant une canicule, mais d’éviter de lui imposer inutilement plusieurs contraintes simultanées.

Privilégier une conduite souple

En période de forte chaleur, l’écoconduite présente un double intérêt. Elle réduit la consommation d’électricité et limite l’échauffement de la batterie.

Les accélérations brutales sollicitent fortement le moteur électrique et imposent à la batterie de délivrer une puissance importante sur une courte période. Répétées, elles contribuent à augmenter sa température. Une conduite souple, avec des accélérations progressives et une vitesse régulière, permet de réduire cette contrainte.

Sur autoroute, une diminution modérée de la vitesse peut également préserver plusieurs kilomètres d’autonomie. La résistance de l’air augmente fortement avec la vitesse, ce qui entraîne une consommation plus élevée. Cet effet est souvent plus important que celui de la climatisation elle-même.

Il est également préférable d’anticiper les ralentissements afin de profiter du freinage régénératif. Celui-ci permet de récupérer une partie de l’énergie lors des décélérations et de la réinjecter dans la batterie.

Stationner à l’ombre et choisir les heures les plus fraîches

Lorsque cela est possible, il est recommandé de stationner le véhicule dans un garage, sous un abri ou à l’ombre. Cette précaution réduit la température de l’habitacle et limite l’énergie nécessaire pour le refroidir au moment du départ.

Un véhicule laissé plusieurs heures en plein soleil peut atteindre une température intérieure largement supérieure à celle de l’air extérieur. La climatisation devra alors fonctionner à pleine puissance pendant plusieurs minutes pour rétablir une température acceptable.

Avant de la mettre en marche, ouvrir les portières ou les fenêtres pendant quelques instants permet d’évacuer l’air brûlant accumulé dans l’habitacle. La climatisation peut ensuite être utilisée plus progressivement.

Pour les déplacements qui peuvent être décalés, partir tôt le matin ou en fin de journée réduit également les contraintes imposées au véhicule et améliore le confort des occupants.

Préconditionner le véhicule lorsqu’il est branché

De nombreuses voitures électriques permettent d’activer la climatisation à distance avant le départ. Lorsque le véhicule est encore connecté à une borne, l’énergie utilisée pour refroidir l’habitacle provient principalement du réseau électrique et non de la batterie.

Ce préconditionnement permet de prendre la route dans un véhicule déjà rafraîchi, tout en préservant davantage l’autonomie disponible. Il peut être programmé depuis l’écran de bord ou depuis une application mobile, selon les modèles.

Cette fonction est particulièrement utile avant un long trajet. Elle évite de solliciter immédiatement et fortement la climatisation, alors que le véhicule commence déjà à consommer de l’énergie pour se déplacer.

Adapter les habitudes de recharge

En cas de fortes chaleurs, il peut être judicieux de recharger le véhicule pendant les heures les plus fraîches, notamment la nuit ou tôt le matin. Cette pratique limite les besoins de refroidissement de la batterie et de la borne.

Pour les usages quotidiens, il n’est pas toujours nécessaire de charger systématiquement la batterie à 100 %. Maintenir durablement une batterie très chargée lorsqu’elle est exposée à une température élevée peut accentuer son vieillissement. Une recharge limitée à 80 % suffit souvent pour les trajets habituels, sauf lorsqu’un long déplacement est prévu.

Il est également préférable d’éviter d’enchaîner inutilement plusieurs recharges ultrarapides pendant les périodes les plus chaudes. La recharge rapide reste évidemment indispensable sur certains itinéraires, mais elle produit davantage de chaleur qu’une recharge lente ou accélérée.

Après une longue conduite sur autoroute, une courte pause avant la recharge peut parfois permettre au système thermique de stabiliser la température du véhicule, selon les caractéristiques du modèle.

Une technologie globalement préparée aux épisodes de chaleur

Les voitures électriques ne sont pas épargnées par les conséquences des températures extrêmes. Elles disposent néanmoins de dispositifs électroniques et thermiques conçus pour protéger leurs composants.

Une réduction temporaire de la puissance de recharge ou une augmentation de la consommation ne doit donc pas être interprétée comme une défaillance. Il s’agit souvent du fonctionnement normal des protections intégrées au véhicule.

Pour traverser une période caniculaire, les principaux réflexes consistent à stationner à l’ombre, préconditionner l’habitacle lorsqu’il est encore branché, conduire avec souplesse, éviter les accélérations répétées et privilégier, lorsque cela est possible, les déplacements et les recharges aux heures les moins chaudes.

Ces précautions ne suppriment pas totalement l’effet de la chaleur, mais elles permettent d’en limiter les conséquences sur l’autonomie immédiate et sur le vieillissement à long terme de la batterie.

Fondée en 2020 par Solal Botbol et Chanez Djoudi, Beev accompagne les particuliers et les entreprises dans leur passage à la mobilité électrique. L’entreprise propose notamment des solutions de leasing, l’installation de bornes de recharge certifiées IRVE et des outils de gestion de flottes. Elle indique avoir accompagné plus de 5 000 clients et déployé plus de 6 000 bornes de recharge en France.

Elliot

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