600 000 tonnes de déchets en quelques semaines
L’étude repose sur des données collectées en décembre 2024 auprès d’une centaine de clients industriels et de plus de 10 000 utilisateurs individuels de la solution Wastetide. Elle met en lumière un phénomène concentré sur quelques semaines mais aux conséquences durables pour les filières de traitement et pour le climat.
La répartition des déchets de Noël est révélatrice des excès de la période festive :
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Environ 60 000 tonnes de verre, principalement des bouteilles
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Près de 70 000 tonnes d’emballages cartons et plastiques recyclables
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Environ 80 000 tonnes de déchets verts, en grande partie des sapins de Noël
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Près de 70 000 tonnes de déchets alimentaires excédentaires
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Environ 300 000 tonnes d’ordures ménagères résiduelles, issues de déchets non triés ou mal orientés
Ces ordures ménagères résiduelles représentent à elles seules la moitié du volume total. Elles concentrent l’essentiel de l’impact environnemental puisque ces déchets finissent majoritairement en incinération ou en enfouissement.
Décembre, un mois hors norme pour la production de déchets
Comparé à un mois dit standard, le mois de décembre se distingue par une augmentation nette de plusieurs flux :
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Plus 12 pour cent d’ordures ménagères, en lien avec le gaspillage alimentaire et les erreurs de tri
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Plus 15 pour cent d’emballages recyclables
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Plus 20 pour cent de bouteilles en verre
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Près de 20 000 tonnes de papier cadeau jetées chaque année
À cela s’ajoutent plus de 6 millions de sapins naturels vendus chaque année en France, faisant des sapins l’un des premiers postes de déchets verts après les fêtes. Côté alimentation, l’étude estime à 76 kilotonnes la nourriture gaspillée pendant la période de Noël, soit environ 3 kilogrammes par ménage.
Les cadeaux électroniques, un poids environnemental disproportionné
L’étude attire également l’attention sur les cadeaux électroniques, identifiés comme les déchets de Noël les plus impactants en termes de ressources mobilisées et d’émissions de gaz à effet de serre. Selon les données de l’ADEME, plus de 300 millions de cadeaux sont offerts chaque année en France. Parmi eux, près d’un million ne sont pas désirés et peuvent être mis de côté, revendus ou parfois jetés.
La fabrication d’un smartphone illustre ce déséquilibre : elle représente environ 32 kilogrammes équivalent CO₂ et mobilise 136 kilogrammes de ressources, contre seulement 1,1 kilogramme équivalent CO₂ pour un livre de 300 pages. Une différence qui souligne l’enjeu majeur du réemploi, de la réparation et du tri correct des équipements électroniques.
Le tri, premier levier d’action dès la sortie des fêtes
Contrairement aux idées reçues, l’impact environnemental des déchets ne commence pas au centre de recyclage, mais bien au moment du geste de tri. Or, de nombreux objets sont encore jetés dans des filières inadaptées, notamment les petits appareils électroniques, les jouets ou certains emballages composites.
Pour répondre à cet enjeu, Wastetide met gratuitement à disposition son application grand public. À partir d’une simple photo prise avec un smartphone, l’utilisateur peut identifier un déchet, évaluer la qualité de son tri et savoir immédiatement dans quelle filière l’orienter.
Pour Nicolas Brien, fondateur et dirigeant de la startup, ce changement de comportement est déterminant. Comme l’explique Nicolas Brien, « le traîneau du Père Noël peut vite se transformer en camion poubelle si l’on n’y prend pas garde. L’impact environnemental des déchets de Noël se joue dès le tri. Savoir où jeter un objet après les fêtes est déjà un levier majeur pour réduire son empreinte carbone ».
Transformer une contrainte en opportunité
Fondée en octobre 2023, Wastetide s’appuie sur l’intelligence artificielle pour calculer, à la source, la valeur économique et environnementale des déchets produits par les industriels. À partir d’une photo, son algorithme estime en temps réel le prix de revente des matériaux et le CO₂ économisé grâce au recyclage de métaux, de plastiques ou de fibres de verre.
La solution a déjà séduit des acteurs industriels de premier plan comme Renault et Air France Industries, qui y voient un moyen de transformer les obligations réglementaires de tri en levier de performance économique et environnementale. La startup a récemment levé un million d’euros afin d’améliorer sa technologie et d’étendre son déploiement à de nouveaux secteurs.
Une prise de conscience encore fragile
L’étude publiée à l’issue de Noël 2025 rappelle que la transition écologique se joue aussi dans les gestes les plus ordinaires. Derrière les illuminations, les cadeaux et les repas de fête, les déchets de Noël constituent une vague massive et concentrée, dont l’impact dépend largement des comportements individuels et collectifs.
À l’heure où la sobriété et l’économie circulaire s’imposent dans le débat public, le tri des déchets apparaît comme un point d’entrée simple, immédiat et mesurable. Un premier pas essentiel pour que la magie des fêtes ne se fasse plus au détriment de l’environnement.
