Dans le cadre de ce contrat, Lhyfe livrera environ 90 tonnes d’hydrogène certifié RFNBO sur une période de 15 mois. Ce carburant servira à approvisionner des stations-service privées destinées à une flotte de bus de transport collectif, illustrant concrètement le potentiel de l’hydrogène dans la décarbonation des mobilités lourdes et intensives, encore largement dépendantes des énergies fossiles.
L’Allemagne, moteur de la mobilité hydrogène
Ce partenariat survient dans un contexte de forte accélération des politiques allemandes en matière d’hydrogène vert. Le pays, qui vise la neutralité carbone d’ici 2045, a fait du développement de la filière hydrogène une priorité nationale. De nombreux projets d’infrastructures et de production ont vu le jour, soutenus par un cadre réglementaire favorable et des investissements massifs, tant publics que privés.
« Après l’inauguration de notre premier site commercial à Schwäbisch Gmünd le mois dernier – le plus grand d’Allemagne –, cette annonce confirme notre rôle moteur dans la structuration d’une filière locale et durable », a déclaré Matthieu Guesné, fondateur et président-directeur général de Lhyfe. Il ajoute : « Ce contrat illustre aussi le dynamisme de l’Allemagne dans le domaine de la mobilité hydrogène. Chez Lhyfe, nous sommes convaincus que l’hydrogène vert jouera un rôle clé dans la décarbonation des transports lourds, responsables d’une part importante des émissions de CO₂. »
Une filière en pleine expansion
Fondée en 2017, Lhyfe s’est rapidement imposée comme un leader européen de la production d’hydrogène vert. Son modèle repose sur un principe simple : produire localement de l’hydrogène à partir d’électricité issue de sources renouvelables (éolien, solaire, hydroélectricité), en utilisant le procédé d’électrolyse de l’eau. Cette approche permet de supprimer les émissions de gaz à effet de serre liées à la production traditionnelle d’hydrogène, historiquement issue du gaz naturel.
L’entreprise a marqué les esprits dès 2021 avec l’inauguration du premier site industriel de production d’hydrogène vert au monde directement connecté à un parc éolien, en Vendée (France). Un an plus tard, elle innovait encore en lançant Sealhyfe, la première plateforme offshore de production d’hydrogène au monde, démontrant la faisabilité de la production en mer à partir d’énergies renouvelables.
En 2025, Lhyfe compte désormais six sites opérationnels en Europe, dont celui de Schwäbisch Gmünd, inauguré en septembre dernier, devenu le plus grand site de production d’hydrogène RFNBO du continent. Cette montée en puissance positionne la société française comme un partenaire incontournable des collectivités, des industriels et des opérateurs de transport désireux d’atteindre leurs objectifs de neutralité carbone.
RFNBO : un label stratégique pour la décarbonation européenne
Le terme RFNBO (Renewable Fuels of Non-Biological Origin) désigne les carburants produits à partir de sources d’énergie renouvelables, sans recours à la biomasse. Dans le cas de Lhyfe, il s’agit d’hydrogène produit à partir d’électricité verte par électrolyse de l’eau. Cette certification européenne est essentielle, car elle garantit que le carburant respecte les critères de durabilité fixés par la directive européenne sur les énergies renouvelables (RED II).
Cette norme ouvre la voie à une reconnaissance internationale de l’hydrogène vert comme vecteur énergétique majeur pour les transports publics, la logistique ou encore les applications industrielles. En livrant un hydrogène RFNBO, Lhyfe répond non seulement aux exigences réglementaires, mais aussi à celles des donneurs d’ordre soucieux d’intégrer des solutions réellement bas carbone dans leurs activités.
Vers une souveraineté énergétique européenne
Au-delà de la réduction des émissions, Lhyfe participe à un mouvement plus large de souveraineté énergétique. En produisant un hydrogène 100 % renouvelable sur le sol européen, la société contribue à réduire la dépendance vis-à-vis des importations d’énergies fossiles et à sécuriser l’approvisionnement énergétique des territoires.
Le modèle de production locale et modulaire développé par Lhyfe permet de rapprocher les sites de production des zones de consommation, limitant les coûts logistiques et les pertes liées au transport. Une approche pragmatique et résiliente, en phase avec les ambitions du Pacte vert européen et les stratégies nationales de décarbonation.
Hydrogène : un carburant d’avenir, entre promesse et défis
L’hydrogène est l’élément chimique le plus abondant de l’univers, mais il n’existe pas à l’état pur sur Terre : il doit être extrait d’autres composés, comme l’eau ou les hydrocarbures. On distingue plusieurs types d’hydrogène selon leur mode de production :
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Hydrogène gris : produit à partir du gaz naturel, il émet beaucoup de CO₂.
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Hydrogène bleu : issu du même procédé, mais avec capture et stockage partiel du carbone.
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Hydrogène vert : obtenu par électrolyse de l’eau grâce à une électricité 100 % renouvelable – c’est celui que produit Lhyfe.
L’hydrogène vert présente de nombreux avantages. Il ne rejette ni CO₂ ni polluants lors de son utilisation, ne produit que de la vapeur d’eau, et peut alimenter aussi bien des véhicules à pile à combustible que des process industriels. Il constitue une solution particulièrement adaptée aux transports lourds (camions, bus, trains, navires), où les batteries électriques restent limitées par leur poids et leur autonomie.
Cependant, cette énergie n’est pas sans contraintes. La production d’hydrogène par électrolyse demeure énergivore : elle nécessite une grande quantité d’électricité renouvelable pour être véritablement « verte ». De plus, son stockage et son transport posent encore des défis techniques, car l’hydrogène est un gaz léger, inflammable et difficile à comprimer. Enfin, le coût de production reste supérieur à celui des carburants fossiles, même s’il tend à baisser avec les progrès technologiques et la montée en échelle des installations.
Vers une ère de la mobilité hydrogène
Le contrat signé entre Lhyfe et l’opérateur allemand illustre la maturité croissante du marché de l’hydrogène vert en Europe. À travers des initiatives concrètes comme celle-ci, la mobilité hydrogène quitte le stade expérimental pour entrer dans une phase d’industrialisation.
L’avenir de cette filière dépendra de trois leviers : la baisse des coûts de production, l’essor des infrastructures de distribution, et la coopération entre États et acteurs privés. Si ces conditions sont réunies, l’hydrogène pourrait bien devenir, dans la prochaine décennie, le pilier énergétique d’une Europe décarbonée, souveraine et durable.
