Placée sous le thème « Action pour un meilleur futur », l’édition de Riyad devrait accueillir plus de 20 000 participants venant de plus de 150 pays. Responsables politiques, experts techniques, représentants de la société civile, entreprises et organisations internationales seront invités à travailler sur des réponses concrètes à une crise de l’eau qui touche désormais toutes les régions du monde.
La rencontre de Jeddah s’inscrit dans la continuité de la première réunion de consultation organisée à Riyad en avril 2025. Celle-ci avait rassemblé plus de 600 participants issus d’une soixantaine de pays. Les échanges de juin 2026 ont notamment permis de valider l’architecture générale du futur Forum, structurée autour de six thèmes et de trente sujets.
L’accès à l’eau comme enjeu de dignité
Dans son discours d’ouverture, le président du Conseil mondial de l’eau, Loïc Fauchon, a souhaité replacer les populations les plus vulnérables au centre des débats. Il a évoqué les personnes contraintes de parcourir de longues distances pour accéder à un point d’eau, celles qui vivent sans toilettes ou encore celles qui ne disposent pas des ressources suffisantes pour payer leur consommation.
« Donner accès à l’eau, c’est rendre leur dignité aux plus vulnérables », a-t-il déclaré, appelant les participants à devenir des « Défenseurs de la dignité ».
Cette approche entend dépasser la seule dimension technique de la gestion de l’eau. Pour le Conseil mondial de l’eau, l’accès à cette ressource conditionne directement la santé, l’alimentation, l’éducation, le développement économique et la stabilité des sociétés. La préparation du Forum de Riyad doit ainsi déboucher sur des actions mesurables et durables, capables d’améliorer concrètement la vie des populations.
Une mobilisation politique internationale
En parallèle des travaux des parties prenantes, une réunion ministérielle facilitée par l’UNESCO s’est tenue sous la présidence du ministre saoudien de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture, Abdulrahman bin Abdulmohsen Al-Fadli.
Cette séquence a permis de poser les premières bases de la Déclaration ministérielle qui doit être adoptée lors du Forum de Riyad. Les ministres et hauts représentants présents ont affiché leur volonté de fédérer la communauté politique internationale autour d’engagements communs et de solutions applicables à grande échelle.
Cette démarche s’inscrit dans le slogan défendu depuis plusieurs années par le Conseil mondial de l’eau, « Water is politics ». L’organisation estime en effet que la réponse aux pénuries, aux inégalités d’accès, aux difficultés d’assainissement et aux tensions sur les ressources ne peut se limiter à des réponses technologiques. Elle suppose des décisions politiques, des financements adaptés et une coopération durable entre les États.
Cinq initiatives pour structurer l’agenda mondial
À Jeddah, le Conseil mondial de l’eau a également présenté plusieurs projets destinés à alimenter les travaux jusqu’en mars 2027. Parmi eux figure la création d’une coalition consacrée à l’eau dans les mégapoles, alors que la croissance urbaine accentue les tensions sur les réseaux de distribution et d’assainissement.
Un centre international consacré aux ressources en eau non conventionnelles est également envisagé. Il pourrait notamment favoriser le partage de connaissances autour de solutions permettant de diversifier les ressources disponibles.
Le programme comprend aussi un laboratoire de la sobriété, destiné à faire progresser les usages plus économes, ainsi qu’un « new deal » pour l’assainissement. Une alliance baptisée « One Water, One Health » doit enfin renforcer les liens entre la gestion de l’eau, la santé publique et la protection des écosystèmes.
Ces initiatives sont structurées autour de trois grandes priorités : la santé, l’alimentation et la nature. Elles doivent également intégrer les relations entre l’eau, l’énergie et le développement de ressources renouvelables ou non conventionnelles.
Un Forum tourné vers les résultats
Les participants à la réunion de Jeddah ont travaillé sur le déroulement de la semaine du Forum, mais aussi sur la manière de prolonger les engagements au-delà de l’événement. L’objectif affiché est d’éviter que les échanges de Riyad ne restent sans lendemain et de prévoir des mécanismes de suivi après mars 2027.
Organisé tous les trois ans depuis 1997, le Forum mondial de l’eau constitue le principal rassemblement international consacré à cette ressource. Avec plus de 20 000 participants attendus, la prochaine édition pourrait devenir l’une des plus importantes de son histoire.
« Nous nous réjouissons de travailler en étroite collaboration avec l’Arabie saoudite pour rassembler le monde à Riyad en 2027 et continuer à faire de l’eau une priorité globale et politique », a déclaré Loïc Fauchon à l’issue des travaux.
Créé en 1996 et installé à Marseille, le Conseil mondial de l’eau rassemble plus de 240 organisations membres réparties dans 51 pays. Reconnu par les Nations unies, il dispose d’un statut associatif auprès de l’UNESCO et d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies.
L’organisation appelle désormais ses membres, les gouvernements, les institutions, les entreprises et les acteurs de la société civile à préparer activement le rendez-vous de Riyad. Le Forum de 2027 devra, selon elle, constituer un moment décisif pour traduire les ambitions internationales en résultats tangibles sur le terrain et faire de l’accès à l’eau un pilier de la dignité humaine.
