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Éolien dans les Côtes-d’Armor

Le projet de parc éolien de Kerien, dans les Côtes-d’Armor, entre dans une nouvelle phase de développement. Après plusieurs années d’études et une première configuration qui prévoyait huit éoliennes, les groupes Mexens et VALOREM ont profondément revu leur projet. Désormais limité à cinq installations, il doit mieux prendre en compte les contraintes aéronautiques, les caractéristiques paysagères et les attentes du territoire. Une nouvelle demande d’autorisation environnementale est prévue en décembre 2026, avant une éventuelle mise en service entre 2029 et 2032.

Un projet redimensionné après un premier avis défavorable

Le développement du parc éolien de Kerien a connu une première étape administrative en 2023, avec le dépôt d’une demande d’autorisation environnementale portant sur huit éoliennes. Cette configuration s’était heurtée à un avis défavorable de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), en raison d’une contrainte aéronautique.

Cette difficulté a conduit les deux entreprises à reprendre leur projet, aussi bien sur le nombre d’éoliennes que sur leur implantation et les accès nécessaires à leur installation. De nouvelles études ont également été réalisées afin d’adapter les caractéristiques du futur parc aux contraintes identifiées.

La configuration désormais envisagée comprend cinq éoliennes, toutes situées en dehors de la zone concernée par la contrainte aéronautique ayant motivé le précédent avis défavorable.

Cette évolution constitue une étape importante dans le développement du projet, sans pour autant préjuger de son autorisation définitive. Le dossier devra encore être examiné par les services de l’État, notamment au regard de ses incidences environnementales.

Cinq éoliennes réparties sur deux secteurs de la commune

Le nouveau projet repose sur une implantation répartie entre deux secteurs de Kerien. Trois éoliennes seraient installées à l’ouest de la commune, vers Saint-Norgant, tandis que deux autres prendraient place à l’est, vers Keropars.

Chaque installation pourrait atteindre une hauteur maximale de 150 mètres en bout de pale. La puissance totale envisagée se situe entre 18 et 21 mégawatts.

Selon les estimations présentées par Mexens et VALOREM, le parc pourrait produire environ 42 gigawattheures d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 21 000 habitants. Il s’agit à ce stade d’une production prévisionnelle, qui dépendra notamment des caractéristiques définitives des équipements et de leurs conditions d’exploitation.

Le projet représente également un enjeu économique pour les collectivités locales. Les retombées fiscales sont estimées à environ 250 000 euros par an, répartis entre la commune de Kerien, Guingamp-Paimpol Agglomération et le Département des Côtes-d’Armor.

Ces recettes potentielles constituent l’un des arguments économiques du projet, même si leur concrétisation reste conditionnée à la réalisation du parc.

Une attention particulière portée à l’intégration paysagère

L’intégration des éoliennes dans leur environnement constitue l’un des principaux aspects étudiés lors de la révision du projet.

Le territoire de Kerien se caractérise notamment par son paysage bocager et par un relief qui influence la visibilité des installations depuis les différents lieux de vie.

Les études paysagères réalisées dans le cadre du projet ont examiné les perceptions possibles depuis les hameaux, les bourgs voisins et les axes de déplacement. Elles ont également pris en compte les effets cumulés avec les parcs éoliens déjà présents dans les environs.

Selon les conclusions présentées par les porteurs du projet, le bocage et le relief du massif de l’Arrée contribueraient à limiter les vues sur les installations depuis plusieurs secteurs habités.

Les impacts visuels seraient ainsi principalement localisés, sans perception simultanée et continue des cinq éoliennes.

Ces conclusions devront néanmoins être appréciées dans le cadre de l’instruction environnementale. Les photomontages et les analyses paysagères doivent permettre aux habitants et aux autorités d’évaluer plus précisément les conséquences de cette implantation sur leur cadre de vie.

Des études acoustiques et environnementales pour encadrer l’exploitation

Au-delà de l’aspect visuel, le fonctionnement d’un parc éolien soulève des questions relatives au bruit et aux incidences sur l’environnement.

Mexens et VALOREM indiquent avoir réalisé des études acoustiques et environnementales pour orienter les choix d’implantation et les conditions futures d’exploitation.

Sur le plan acoustique, les deux entreprises prévoient notamment un fonctionnement adapté des éoliennes pendant la nuit, afin de respecter les seuils réglementaires.

Cette adaptation pourrait conduire à moduler le fonctionnement des équipements selon les périodes concernées et les contraintes acoustiques identifiées.

Un contrôle est également prévu dans les douze mois suivant la mise en service du parc, afin de vérifier le respect des exigences réglementaires.

Ces dispositions s’inscrivent dans la préparation du dossier d’autorisation environnementale, qui devra permettre d’apprécier les mesures retenues pour limiter les nuisances potentielles.

Une concertation engagée depuis 2022 avec les habitants

La révision du projet s’accompagne d’une démarche de concertation engagée depuis 2022.

Plusieurs moyens d’information et d’échange ont été mobilisés au cours des dernières années, notamment des lettres d’information, des opérations de porte-à-porte, un atelier de concertation et un site internet consacré au projet.

En octobre 2026, une nouvelle lettre d’information a été distribuée à Kerien et dans les communes voisines. Les équipes chargées du développement du parc sont également allées à la rencontre des riverains.

Une rencontre spécifique avec les habitants les plus proches des futures installations est prévue avant un forum d’information ouvert à l’ensemble de la population.

Ce forum se tient le jeudi 5 novembre 2026, de 17 h 30 à 20 h 30, à la Maison des Associations de Kerien.

Il doit permettre de présenter la nouvelle implantation, les résultats des études et les photomontages réalisés. Les habitants pourront également échanger avec les représentants des deux entreprises sur les caractéristiques du projet et les étapes administratives à venir.

Pour Basile Dervaux, chef de projet éolien chez Mexens, cette nouvelle configuration résulte d’un travail d’adaptation destiné notamment à préserver le paysage bocager. L’entreprise souhaite poursuivre les échanges avec les habitants avant le dépôt du dossier.

Des mesures envisagées pour les riverains et le territoire

La concertation a également fait émerger plusieurs propositions destinées à accompagner le développement du parc et à faire bénéficier les habitants de certaines retombées du projet.

Trois pistes sont actuellement étudiées.

La première concerne la mise en place d’une aide aux factures d’électricité pour les riverains. Les modalités de cette aide restent à définir et ne seraient précisées que si le parc obtenait les autorisations nécessaires.

La deuxième porte sur des actions de plantation et de restauration de haies bocagères. Une bourse aux arbres est également envisagée, dans une logique d’accompagnement paysager du projet.

Enfin, les porteurs du projet étudient la possibilité de proposer un financement participatif aux habitants de Kerien et des communes voisines.

Cette dernière mesure pourrait permettre aux résidents intéressés de participer financièrement au projet, selon des conditions qui ne sont pas encore détaillées.

À ce stade, ces trois propositions demeurent à l’étude. Leur mise en œuvre, leur financement et leurs modalités pratiques ne sont donc pas définitivement arrêtés.

Pour Élodie Vallerey, cheffe de projet chez VALOREM, l’objectif est de concilier la production d’électricité renouvelable, la prise en compte des paysages et les bénéfices économiques pour les collectivités et les habitants.

Une nouvelle demande d’autorisation attendue en décembre 2026

La prochaine étape administrative est programmée pour décembre 2026, avec le dépôt d’une nouvelle demande d’autorisation environnementale.

Le dossier sera ensuite instruit par les services de l’État. Une consultation du public devrait intervenir en 2027 ou en 2028.

Cette phase permettra notamment d’examiner les caractéristiques techniques du projet, ses incidences environnementales et les mesures prévues pour éviter, réduire ou accompagner ses impacts.

Le calendrier reste donc dépendant des résultats de cette procédure et des décisions administratives qui suivront.

Sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires, Mexens et VALOREM envisagent une période de construction et de mise en service comprise entre 2029 et 2032.

Le projet de Kerien demeure ainsi à un stade de développement, plusieurs années avant une éventuelle exploitation commerciale.

Deux acteurs français spécialisés dans les énergies renouvelables

Le projet est porté par deux entreprises françaises présentes dans le développement et l’exploitation d’infrastructures de production d’énergies renouvelables.

Créé en 2008, Mexens est un groupe indépendant qui intervient dans plusieurs filières, notamment le solaire photovoltaïque, l’éolien terrestre, le biogaz et les solutions de stockage.

L’entreprise indique disposer d’un parc d’actifs en exploitation représentant 1 gigawatt, pour un chiffre d’affaires de 333 millions d’euros en 2025. Elle compte 330 collaborateurs et affiche un objectif de développement de plus de 4 gigawatts à l’horizon 2030.

De son côté, VALOREM, fondé en 1994, intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur des énergies renouvelables, depuis le développement des projets jusqu’à leur exploitation et leur maintenance.

Le groupe, qui emploie près de 550 collaborateurs, est également présent en Finlande, en Grèce, en Pologne et en Suède.

Depuis sa création, VALOREM indique avoir financé l’installation de plus de 1 018 mégawatts d’électricité renouvelable et disposer d’un portefeuille de projets en développement supérieur à 8,5 gigawatts.

Un projet dont l’avenir dépend encore de l’instruction environnementale

Avec cette nouvelle configuration, Mexens et VALOREM cherchent à relancer un projet qui avait dû être revu à la suite d’une contrainte aéronautique.

La réduction du nombre d’éoliennes, leur nouvelle répartition géographique et les études complémentaires constituent les principales modifications apportées au dossier initial.

Les retombées fiscales annoncées, la production électrique attendue et les mesures envisagées pour les habitants représentent les principaux bénéfices mis en avant par les deux entreprises.

Toutefois, ces perspectives restent conditionnées à l’issue de la procédure d’autorisation environnementale.

Les prochaines années seront donc déterminantes pour établir si cette nouvelle implantation répond aux exigences réglementaires et aux contraintes du territoire. Le dépôt du dossier en décembre 2026 marquera une nouvelle étape pour ce projet éolien dont la réalisation éventuelle n’est pas envisagée avant 2029.

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