
Ce déplacement du regard est important. Il élargit la compréhension de la crise écologique. Une inondation ne détruit pas seulement des biens matériels. Une canicule ne provoque pas seulement une fatigue physique. Une succession d’alertes, de catastrophes ou de dégradations du cadre de vie agit aussi sur le moral, l’anxiété, le sentiment de sécurité et la capacité à se projeter.
Il ne faut pas caricaturer ce lien. Tout malaise contemporain n’est pas d’origine climatique. Mais il devient de plus en plus difficile de séparer complètement les deux dimensions. Le vécu des populations face aux risques, à l’incertitude et à la répétition des crises environnementales mérite une attention spécifique. D’autant que les personnes les plus vulnérables socialement ou psychologiquement sont souvent aussi les plus exposées aux effets du changement climatique.
Parler de santé mentale dans le débat écologique ne revient donc pas à psychologiser le climat. Cela revient au contraire à prendre la mesure complète de ses impacts humains. Une politique d’adaptation sérieuse doit aussi penser l’accompagnement, l’information, la solidarité et la capacité collective à faire face. S’adapter, ce n’est pas seulement renforcer des murs ou planter des arbres. C’est aussi préserver la stabilité intérieure des sociétés.
