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Alimentation pesticides cadmium et produits transformés les nouveaux repères pour mieux choisir

Entre résidus de pesticides, métaux lourds, aliments ultra-transformés, emballages et multiplication des labels, choisir ses produits alimentaires devient de plus en plus complexe. À l’occasion de la Semaine européenne du développement durable 2026, consacrée cette année à l’alimentation durable, l’Association Santé Environnement France, ASEF, publie une nouvelle édition de son Petit guide santé de la Bio-Alimentation. L’objectif est de proposer des repères permettant de mieux comprendre les liens entre alimentation, environnement et santé.

L’approche retenue ne consiste pas à rechercher une alimentation considérée comme parfaite, mais à identifier plusieurs leviers permettant de réduire progressivement certaines expositions tout en conservant une alimentation variée.

Les pesticides restent au centre des préoccupations

L’alimentation constitue l’une des principales voies d’exposition à différents contaminants. Le document reprend notamment des données de Générations Futures selon lesquelles 61 % des fruits et légumes non issus de l’agriculture biologique vendus en France contiennent au moins un résidu de pesticide détecté.

Pour les seuls fruits, cette proportion atteindrait 78 %.

Ces résultats ne conduisent toutefois pas l’ASEF à recommander la suppression de catégories entières d’aliments. L’association insiste davantage sur la diversité alimentaire et sur la possibilité de privilégier certains produits issus de l’agriculture biologique lorsque cela est possible.

La diversification permet notamment d’éviter qu’une même source alimentaire ne contribue de manière répétée à l’exposition à un contaminant particulier.

Le cadmium sous surveillance

Autre substance mise en avant dans cette nouvelle édition, le cadmium. Ce métal lourd, présenté comme cancérogène, possède la particularité de s’accumuler progressivement dans l’organisme au cours de la vie.

Plusieurs aliments de consommation courante peuvent participer à cette exposition. Le guide cite notamment les céréales du petit-déjeuner, les pains, les pâtes, le riz ou encore le blé parmi les principaux contributeurs alimentaires.

Là encore, la recommandation avancée repose principalement sur la variété. Plutôt que d’exclure certains aliments du régime quotidien, l’enjeu consiste à éviter une consommation trop répétitive susceptible d’accroître l’exposition cumulée.

Cette approche rappelle que le risque alimentaire ne dépend pas uniquement de la présence ponctuelle d’une substance, mais également de la fréquence d’exposition au fil du temps.

Emballages et ustensiles entrent aussi dans l’équation

La vigilance ne concerne pas uniquement les aliments eux-mêmes.

Les emballages, les contenants et certains ustensiles utilisés pour conserver, réchauffer ou cuisiner les aliments constituent également des sources potentielles d’exposition.

Le guide aborde notamment les plastiques, l’aluminium, le silicone ainsi que les revêtements antiadhésifs.

Parmi les conseils pratiques proposés figure celui de ne pas chauffer les aliments directement dans des contenants en plastique. Pour la conservation et la cuisson, l’ASEF recommande de privilégier lorsque cela est possible des matériaux tels que le verre, l’inox ou la fonte.

Cette dimension élargit la question de l’alimentation durable. Elle ne concerne plus uniquement la composition nutritionnelle des aliments ou leur mode de production, mais aussi leur transformation, leur conditionnement, leur conservation et leur préparation.

Près d’un tiers des calories provient des aliments ultra-transformés

Le développement des aliments ultra-transformés constitue un autre axe important du guide.

Selon les données reprises par l’ASEF, ces produits représentent désormais près d’un tiers des apports caloriques quotidiens.

Pour aider les consommateurs à mieux les identifier, le document revient notamment sur deux outils fréquemment rencontrés, mais qui ne mesurent pas la même chose.

Le Nutri-Score fournit une indication portant sur la composition nutritionnelle d’un produit. La classification NOVA s’intéresse pour sa part au niveau de transformation des aliments.

Ces deux approches ne sont donc pas interchangeables.

L’un des réflexes conseillés consiste simplement à examiner la liste des ingrédients. Une liste particulièrement longue ou la présence de nombreux ingrédients caractéristiques des formulations industrielles peuvent contribuer à identifier des produits fortement transformés.

L’objectif proposé n’est pas nécessairement de supprimer immédiatement tous ces aliments, mais de réduire progressivement leur place dans l’alimentation en privilégiant davantage les produits simples et la cuisine réalisée à domicile.

Bio local et de saison ne signifient pas toujours la même chose

L’un des intérêts du document est également de rappeler que plusieurs critères souvent associés à une alimentation durable peuvent parfois entrer en contradiction.

Le caractère biologique, local ou saisonnier d’un produit répond ainsi à des logiques différentes.

Un aliment produit à proximité du consommateur n’est pas automatiquement celui qui présente le meilleur profil environnemental. Le guide prend l’exemple d’un produit local cultivé hors saison dans une serre chauffée. Dans certaines situations, son impact peut être moins favorable que celui d’un produit provenant d’un territoire plus éloigné.

L’ASEF recommande donc de croiser plusieurs critères plutôt que de se fier à un indicateur unique.

L’objectif est de privilégier autant que possible des produits biologiques, locaux, de saison et faiblement transformés, sans considérer qu’un seul de ces critères permet à lui seul de déterminer la qualité globale d’un aliment.

Les labels face au marketing environnemental

La multiplication des labels et des arguments environnementaux utilisés sur les emballages ajoute une difficulté supplémentaire pour les consommateurs.

La nouvelle édition revient donc sur ce que garantit réellement l’agriculture biologique et sur les différents signes susceptibles d’apparaître sur les produits alimentaires.

Elle attire également l’attention sur les pratiques de marketing environnemental pouvant donner à certains produits une image plus favorable sans nécessairement permettre d’en apprécier précisément les caractéristiques.

Dans les rayons, le consommateur doit ainsi composer avec les recommandations nutritionnelles, les labels, les mentions relatives à l’origine, les promesses environnementales et les informations figurant dans les listes d’ingrédients.

L’enjeu n’est donc plus uniquement de savoir quoi manger, mais de disposer de suffisamment de repères pour comprendre ce que l’on achète.

Vers des changements progressifs plutôt qu’une alimentation parfaite

Le fil conducteur du guide repose finalement sur une approche progressive.

Il ne s’agit pas d’imposer un modèle alimentaire unique ni de présenter certains aliments comme systématiquement bons ou mauvais. L’objectif est davantage de réduire certaines expositions évitables et de mieux comprendre les arbitrages auxquels sont confrontés les consommateurs.

Varier son alimentation, limiter progressivement les produits ultra-transformés, cuisiner davantage à partir d’aliments simples, éviter de chauffer les aliments dans du plastique ou encore croiser les critères bio, local et saison constituent autant de pistes proposées.

Cette nouvelle édition rappelle ainsi qu’une alimentation durable ne peut pas être réduite au contenu de l’assiette. Elle dépend également des conditions de production des aliments, de leur transformation, de leur emballage, de leur transport, de leur conservation et de la manière dont ils sont cuisinés.

Fondée en 2008 et composée de professionnels de santé, l’Association Santé Environnement France développe des actions d’information consacrées aux liens entre santé et environnement. Elle publie notamment des guides destinés au public et s’inscrit dans l’approche internationale One Health, fondée sur l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et préservation des écosystèmes.

Le Petit guide santé de la Bio-Alimentation est proposé gratuitement par l’association.

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de Terre-Futur sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

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