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À Hauconcourt, la station d’épuration change d’échelle pour accompagner le territoire

La Communauté de Communes Rives de Moselle a officiellement lancé, le 19 juin 2026, les travaux d’extension de la station d’épuration située à Hauconcourt, en Moselle. Cette opération de 15,6 millions d’euros doit permettre de répondre à l’évolution démographique et économique du territoire, tout en améliorant les performances environnementales de l’installation.

Une capacité de traitement plus que doublée

La station d’épuration traite actuellement les eaux usées correspondant à une population de 19 000 équivalents habitants. À l’issue des travaux, sa capacité atteindra 40 000 équivalents habitants.

Cette augmentation doit permettre d’anticiper les futurs besoins des communes desservies et l’arrivée de nouveaux équipements. La future clinique ELSAN, dont l’ouverture est annoncée pour 2027, figure notamment parmi les projets susceptibles d’accroître les volumes d’eaux usées à prendre en charge.

L’extension de la station constitue ainsi un investissement structurant pour le développement du territoire. Elle doit éviter que les capacités actuelles de traitement deviennent insuffisantes face à la croissance de la population et des activités économiques.

Le projet est conduit sous la maîtrise d’ouvrage de la Communauté de Communes Rives de Moselle, avec l’accompagnement de la SPL Rives de Moselle Développement et du bureau d’études EGIS. Il bénéficie également du soutien financier de la Région Grand Est et de l’Agence de l’eau.

Un chantier mobilisant plusieurs métiers du BTP

La réalisation de l’opération repose sur un groupement réunissant plusieurs entreprises spécialisées. SUEZ, par l’intermédiaire de sa filiale Degrémont, intervient comme mandataire du groupement et prend en charge les procédés de traitement ainsi que les équipements techniques.

NGE mobilise pour sa part plusieurs de ses filiales et domaines d’expertise. NGE Génie Civil intervient sur les ouvrages de génie civil et les travaux tous corps d’état. NGE Fondations assure les opérations de renforcement des sols, tandis que MULLER TP prend en charge les terrassements, les voiries et les réseaux divers.

Le projet associe également IMHOTEP pour la conception architecturale, IRH Ingénieur Conseil pour la maîtrise d’œuvre ainsi que STARCK pour les installations électriques et les systèmes d’automatisation.

La part des travaux confiée à NGE représente 5,8 millions d’euros sur un investissement global de 15,6 millions d’euros. Le chantier mobilisera notamment deux grues à tour et nécessitera la mise en œuvre de 3 125 mètres cubes de béton ainsi que de 235 tonnes d’armatures.

Une unité de méthanisation pour produire du biométhane

L’opération ne se limite pas à augmenter la capacité de traitement des eaux usées. Elle prévoit également la création d’une unité de méthanisation destinée à valoriser les boues issues de l’épuration.

La méthanisation repose sur la dégradation de matières organiques en l’absence d’oxygène. Ce procédé permet de produire du biogaz, qui peut ensuite être épuré pour obtenir du biométhane. Celui-ci pourra être injecté dans le réseau public de distribution de gaz.

La future unité devrait produire environ 2,5 gigawattheures de biométhane. La station d’épuration deviendra ainsi un site de production d’énergie renouvelable, capable de transformer une partie de ses résidus en ressource énergétique.

Cette valorisation contribue à limiter les déchets produits par le traitement des eaux usées tout en participant à la décarbonation de l’approvisionnement énergétique local.

Des panneaux photovoltaïques pour réduire la consommation d’énergie

La consommation électrique représente une part importante des dépenses de fonctionnement d’une station d’épuration. Les pompes, les systèmes d’aération, les équipements de filtration et les automatismes doivent fonctionner en permanence afin de garantir la qualité du traitement.

Pour réduire la dépendance énergétique du site, 675 mètres carrés de panneaux photovoltaïques seront installés. L’électricité produite doit couvrir une partie significative des besoins de la station.

L’association de la méthanisation et du photovoltaïque doit permettre d’améliorer le bilan énergétique global de l’équipement. La station ne sera plus seulement consommatrice d’énergie, mais également productrice de biométhane et d’électricité renouvelable.

Les eaux traitées pourront être réutilisées

Le projet prévoit par ailleurs la mise en place d’une filière de réutilisation des eaux usées traitées. Une fois épurées et contrôlées, ces eaux pourront être employées pour des usages ne nécessitant pas d’eau potable.

Elles pourront notamment servir à l’hydrocurage des réseaux d’assainissement ou au nettoyage des voiries. Cette démarche doit permettre de limiter les prélèvements dans les ressources conventionnelles et de réserver l’eau potable aux usages qui l’exigent réellement.

Dans un contexte marqué par la multiplication des épisodes de sécheresse et par les tensions croissantes sur la ressource, la réutilisation des eaux traitées constitue un levier important d’adaptation. Elle favorise une gestion plus circulaire de l’eau à l’échelle locale.

Une infrastructure conçue pour les besoins futurs

Les travaux ont débuté en septembre 2025 et doivent s’achever à la fin de l’année 2026. L’ensemble de l’opération représente une durée de réalisation de trente mois, comprenant six mois de conception et vingt-quatre mois de travaux.

Au-delà de la modernisation d’un équipement public, l’extension de la station de Hauconcourt illustre l’évolution du rôle des infrastructures d’assainissement. Celles-ci doivent désormais assurer le traitement des eaux usées, accompagner le développement urbain, produire de l’énergie renouvelable et participer à la préservation des ressources naturelles.

En portant la capacité de la station à 40 000 équivalents habitants, la Communauté de Communes Rives de Moselle se dote d’un outil adapté à la croissance attendue du territoire. La production de biométhane, l’installation de panneaux photovoltaïques et la réutilisation des eaux traitées donnent également à ce projet une dimension environnementale appelée à prendre une place croissante dans les politiques locales d’assainissement.

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