Plaine Commune veut peser dans la préparation du troisième programme national de renouvellement urbain
Plaine Commune entend occuper une place centrale dans la préparation du futur programme national de renouvellement urbain. À l’occasion de la journée nationale « Ensemble refaire ville », organisée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine le 17 septembre 2026, le territoire a rappelé l’ampleur des opérations actuellement engagées dans le cadre du NPNRU. Quatorze quartiers et 23 secteurs opérationnels sont concernés, représentant 150 000 habitants et 2,6 milliards d’euros d’investissements, dont 940 millions d’euros de concours financiers de l’ANRU.
La journée nationale organisée par l’ANRU a réuni acteurs locaux et nationaux autour des transformations urbaines engagées dans les quartiers populaires et de la préparation de la prochaine étape de la politique de renouvellement urbain.
Bally Bagayoko, président de Plaine Commune et maire de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine, a ouvert cette rencontre en mettant en avant l’expérience acquise sur le territoire dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain, le NPNRU, également appelé ANRU II.
Plaine Commune présente son programme comme le plus important NPNRU de France. L’établissement public territorial regroupe huit villes et une commune déléguée au nord de Paris, pour environ 450 000 habitants. Son territoire comprend Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, L’Île-Saint-Denis, La Courneuve, Saint-Denis et sa commune déléguée Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains et Villetaneuse.
Un programme de 2,6 milliards d’euros
L’ampleur du renouvellement urbain engagé apparaît dans les chiffres présentés par Plaine Commune. Quatorze quartiers sont concernés par le NPNRU, répartis entre 23 secteurs opérationnels. Environ 150 000 habitants sont directement concernés, soit un tiers de la population du territoire.
Le volume total des investissements atteint 2,6 milliards d’euros, avec 940 millions d’euros de concours financiers apportés par l’ANRU.
Ces interventions s’inscrivent dans un territoire marqué par une forte concentration des quartiers prioritaires. Selon les données présentées par Plaine Commune, 70 % des zones habitées sont classées en quartier prioritaire de la politique de la ville. Le taux de pauvreté atteint 36 % à l’échelle du territoire et peut monter jusqu’à 40 % dans certains quartiers.
Pour l’établissement public territorial, le renouvellement urbain ne doit cependant pas être réduit à des opérations de démolition, de reconstruction ou de réhabilitation du bâti. Plaine Commune souhaite inscrire les projets dans une approche plus large intégrant notamment l’accès aux services publics, aux soins, aux transports et aux espaces verts.
Sont également mis en avant la qualité des logements, le confort d’été, la sécurité des cheminements ou encore les besoins spécifiques liés au vieillissement de la population, au handicap, aux enfants et aux jeunes ainsi qu’aux familles monoparentales.
Cette approche vise à rapprocher les opérations urbaines des usages quotidiens des habitants et des difficultés rencontrées dans les quartiers concernés.
Près de 80 % des opérations déjà engagées
Les opérations prévues dans le programme actuel ont désormais atteint un niveau avancé. Plaine Commune indique que près de 80 % des opérations sont engagées grâce à la mobilisation des différents maîtres d’ouvrage.
Le nouvel exécutif territorial, issu des élections de mars 2026, souhaite poursuivre les projets en cours tout en adaptant certaines opérations aux demandes portées par les maires nouvellement élus.
Plaine Commune souligne à ce titre l’ouverture de l’ANRU à des évolutions des projets afin de mieux tenir compte des besoins constatés localement.
L’accompagnement des habitants reste également présenté comme l’une des dimensions importantes de la dernière phase du NPNRU. Le territoire indique vouloir conduire la fin des opérations de relogement avec une attention particulière portée aux personnes concernées.
Une enveloppe de 1,2 million d’euros est par ailleurs consacrée à l’accompagnement culturel des projets de renouvellement urbain, avec une démarche menée quartier par quartier.
L’après NPNRU se prépare déjà
Alors que la fin du programme actuel est envisagée entre 2030 et 2032, la préparation de l’étape suivante constitue déjà un sujet majeur pour les collectivités concernées.
Plaine Commune estime nécessaire d’éviter une interruption entre les programmes et de commencer dès maintenant à identifier les futurs secteurs d’intervention.
Sur son propre territoire, une trentaine de secteurs supplémentaires auraient ainsi déjà été identifiés comme pouvant justifier une intervention dans le cadre d’un nouveau programme de renouvellement urbain.
La création d’un troisième programme, couramment désigné comme ANRU III, figure dans le projet de loi Logement voté par le Sénat et appelé, selon le document de Plaine Commune, à être examiné par l’Assemblée nationale. Le montant prévisionnel mentionné pour ce futur programme atteint 5 milliards d’euros.
Plaine Commune considère toutefois que cette enveloppe ne correspondrait pas à l’ampleur des besoins recensés dans les villes et territoires concernés par la politique de renouvellement urbain.
Au-delà de la question financière, l’établissement public territorial souhaite également une évolution des principes d’intervention du futur programme.
Moins de démolitions et davantage d’adaptation climatique
Plusieurs orientations sont avancées pour la future génération de projets.
Plaine Commune souhaite notamment renforcer la capacité des élus locaux à piloter les opérations en associant davantage les habitants aux décisions. Le territoire défend également une production de logements davantage orientée vers les besoins des populations déjà présentes, à travers l’accession sociale et la construction ou la rénovation de logements sociaux.
La collectivité demande parallèlement que la démolition des logements sociaux soit réservée aux situations où elle apparaît réellement nécessaire, compte tenu du contexte de crise du logement.
La dimension environnementale occupe également une place importante dans les propositions formulées pour l’ANRU III. Plaine Commune estime que les futurs projets devront mieux intégrer la vulnérabilité des habitants face au changement climatique et à la pollution, ainsi que les problématiques de santé.
L’accès aux services publics est également identifié comme un enjeu à prendre davantage en considération.
Le territoire défend enfin une mobilisation plus large des financements disponibles, notamment européens, ainsi qu’un renforcement des politiques publiques de droit commun afin de réduire les écarts de niveau de services entre les quartiers prioritaires et le reste du territoire national.
Le renouvellement urbain entre dans une nouvelle phase
La rencontre organisée par l’ANRU intervient ainsi à un moment charnière. Le NPNRU est encore en cours de réalisation, mais collectivités, bailleurs et partenaires commencent déjà à préparer le programme appelé à lui succéder.
Pour Plaine Commune, l’enjeu consiste désormais à achever les opérations engagées tout en évitant une rupture de financement et de programmation au début de la prochaine décennie.
Avec 2,6 milliards d’euros d’investissements actuellement programmés et une trentaine de nouveaux secteurs déjà identifiés comme susceptibles de nécessiter une intervention, le territoire entend s’appuyer sur son expérience pour participer aux débats sur la future politique nationale de renouvellement urbain.
La préparation de l’ANRU III dépasse ainsi la seule question de la transformation physique des quartiers. Elle met également en jeu le logement, les services publics, les mobilités, l’adaptation au changement climatique et les conditions de vie des habitants, autant de dimensions que Plaine Commune souhaite placer au centre de la prochaine génération de projets urbains.

